Le Salon du Livre divise les écrivains israéliens

Clément Solym - 12.03.2008

Culture, Arts et Lettres - Salons - Salon - Livre - polémique


Dans la tourmente d'appels au boycott et de réactions que suscite cette année le choix du Salon du Livre de Paris de recevoir en tant qu'invité d'honneur Israël, les écrivains israéliens eux-mêmes semblent partagés sur la question.

Les Pour

Certains ont décidé de venir au Salon et sont contre ce boycott jugeant à l'instar d'Amos Oz qu'il vise non pas la littérature mais bien l'existence d'Israël. C'est l'avis que Partage l'écrivain Meïr Shalev qui déclare « Je pourrais comprendre que des gens dénoncent un salon qui se déroulerait pour l'anniversaire de la Guerre des Six jours qui a mené à l'occupation [...] mais être scandalisé par la célébration du 60è anniversaire de l'État, c'est dire qu'on aurait préféré que ce pays ne voit jamais le jour ».

Et de conclure : « Je suis moi-même très opposé à la politique d'Israël envers les Palestiniens et ne mâche pas mes critiques. Mais je les réserve à des articles dans la presse » et de préciser que la littérature israélienne n'est pas « une machine de propagande ».

Les Contres

D'autres estiment comme le poète Aaron Shabbtaï, qui ne viendra pas c'est sûr, que c'est « une occasion de faire de la propagande, dans laquelle Israël va s'exposer comme un État qui a une culture, des poètes, et en cachant qu'en ce moment même il est en train d'accomplir de terribles crimes ». ou bien d'une manière plus nuancée comme l'exprime Benny Tziper du quotidien « Haaretz » dont il dirige la section littéraire.

« Qu'ils le veuillent ou non, les écrivains vont représenter Israël et donner une impression qu'il s'agit d'une démocratie alors que depuis 1967 la population palestinienne vit sous l'oppression ». Il ajoute que selon lui « le rôle des écrivains n'est pas de représenter leur État ».

La question ne laisse donc personne indifférent et à mesure que l'ouverture du Salon du Livre de Paris approche il semble de plus en plus difficile pour tous de démêler le politique du littéraire. Mais avant tout pour nous, le Salon ça reste une grande fête où toutes les cultures sont invitées à nous laisser découvrir leurs mots.