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Le studio d'animation japonais Ghibli ralentit ses activités

Antoine Oury - 04.08.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - studio Ghibli fermeture - Toshio Suzuki directeur général - Hayao Miyazaki Isao Takahata


La nouvelle a secoué le monde de l'animation : le studio japonais Ghibli, à l'origine des plus grands films en provenance de l'archipel des deux dernières décennies, fermerait ses portes. Des précisions ont afflué entre-temps, et il semblerait que la structure, qui rencontre d'importantes difficultés financières, mette simplement un coup d'arrêt - temporaire, dans le meilleur des cas - à la production de longs-métrages.

 

 

Le logo du studio, le personnage Totoro

 

 

En 2013, les fans avaient déjà encaissé le départ de Hayao Miyazaki, cofondateur du studio Ghibli et réalisateur de Mon voisin Totoro (1988), Kiki la petite sorcière (1989), Princesse Mononoké (1997) ou Le voyage de Chihiro (2001). La retraite de Isao Takahata, l'autre cofondateur du studio, avait, elle aussi, été actée, après la sortie de son dernier film L'histoire de la Princesse Kaguya.

 

Depuis six ans, Miyazaki n'avait rien produit, et à 73 ans, il avait dévoilé en décembre 2012 sa dernière création.. Il s'agit de l'aventure de Jirō Horikoshi, concepteur d'avions japonais, connu pour le A6M Zero, un avion de la société Mitsubishi, utilisé au cours de la Seconde Guerre mondiale. Elle s'appuyait sur le livre de Tatsuo Hori, auteur d'un roman portant le même titre. Dans tous les cas, ce serait là le dernier opus du cofondateur. 

 

Depuis l'annonce de son départ à la retraite, en septembre 2013, Miyazaki laissait son studio orphelin. « Il y avait des tonnes de choses que je n'étais plus capable de faire, mais il y avait des raisons aussi pour lesquelles nous ne les avons pas faites. J'avais tellement d'idées en tête, mais ce n'est pas quelque chose que je devrais mentionner publiquement », plaisantait-il encore.

 

« Évidemment, le départ de Miyazaki a beaucoup compté », a reconnu Toshio Suzuki, le directeur général : « Que va faire Ghibli ? Pour le moment, nous allons prendre un peu l'air et voir ce qui va se présenter ensuite. » Une litote pour désigner les difficultés du studio, dont le parti pris de l'animation traditionnelle, à la main, a un coût non négligeable.

 

L'histoire de la Princesse Kaguya a ainsi pesé pour 5 milliards de yens dans les finances de Ghibli, et n'aurait rapporté que la moitié au box-office japonais. À l'international, si les productions bénéficient toujours d'une diffusion importante, l'âge d'or est visiblement terminé. 

 

Toutefois, les activités du studio ne s'arrêtent pas définitivement : il y aura d'abord la gestion du patrimoine cinématographique, soit une vingtaine de films et une douzaine de courts-métrages. Par ailleurs, le studio semble résolu à poursuivre le travail d'animation, sur commande, pour des publicités ou des clips musicaux.

 

Le dernier film du studio sera donc When Marnie Was There, adapté du roman de Joan G. Robinson, sorti le 19 juillet au Japon. Le long-métrage ne dispose pas, pour l'instant, de date de sortie à l'international.