Le toit de l'Apollo Theater s'effondre, en attendant ceux des bibliothèques ?

Antoine Oury - 20.12.2013

Culture, Arts et Lettres - Théatre - Apollo Theater - Londres - effondrement du toit


Le 22 novembre dernier, les pays d'Europe les plus développés apprenaient avec horreur l'effondrement du toit d'un supermarché en Lettonie, se félicitant d'avoir pourvu leurs populations d'infrastructures sécurisées. Hier soir, c'est le toit du prestigieux Apollo Theater londonien qui s'est effondré, en pleine représentation.

 

 

The Apollo Theatre - London

L'Apollo Theater, Londres (James Whatley, CC BY 2.0)

 


D'après les informations disponibles ce matin, aucun mort ne serait à déplorer, mais 77 personnes auraient été plus ou moins gravement blessées, principalement à la tête ou au dos. À la moitié de la première partie de la pièce, The Curious Incident of the Dog in the Night-Time, des morceaux de plafond ont commencé à tomber sur les spectateurs, provoquant la panique après quelques moments d'incrédulité.

 

« Nous avons cru que c'était de l'eau... Nous avons pensé que cela faisait partie du spectacle. J'ai attrapé mes enfants et j'ai couru. » « Nous avons d'abord cru que cela faisait partie de la pièce. Heureusement, nous sommes tous OK. Ma femme est enceinte à 7 mois, mais elle va bien. » Les témoignages se ressemblent étrangement : tout le public, alors que le cauchemar commençait, a d'abord cru à un effet intégré à la pièce.

 

L'auteur de l'ouvrage dont est tirée la pièce, Mark Haddon, était présent lors de la représentation, et s'est rapidement exprimé :

La gestion du théâtre est confiée depuis 2005 à une société privée, Nimax Theaters, également chargée de veiller à l'entretien et au bon fonctionnement d'autres établissements londoniens : les théâtres Garrick, Duchess et Vaudeville.

 

L'effondrement d'un plafond vétuste, malgré tout, rappelle directement le désintérêt flagrant du gouvernement britannique pour un service public de qualité - qui pourrait permettre d'aller au théâtre en gardant les yeux fixés sur la scène et non sur le plafond. Les bibliothécaires en savent quelque chose, premières victimes de la réduction des budgets du gouvernement en matière de service public.

 

Propriétaires privés ou volontaires, même combat : l'État britannique se désengage massivement de la question culturelle dans le pays, au risque de se retrouver à gérer ce type de situations de crise. David Cameron, chantre de l'austérité, a jugé bon de tweeter, peu après l'accident.

« Je suis reconnaissant envers les services d'urgence, pour leur action rapide dans l'aide aux blessés » : quelques années d'austérité, et le bilan sera plus sévère.

 

(via BBC)