Le Women's Fiction va à l'Amérique mutilée de Homes

- 06.06.2013

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - prix - récompense - orange prize


Les pronostics auguraient d'un duel entre Hilary Mantel (Bringing Up the Bodies) et Zadie Smith (NW). Au final, l'Américaine Amy Homes dame le pion aux deux Anglaises pour son roman May We Be Forgiven. Ainsi, l'écrivaine accordait mercredi un 5e titre Women's Fiction à son pays, après une récompense l'année dernière obtenue par Madeline Miller pour The Song of Achilles.

 

Pensé comme une nouvelle, l'auteur se prend au jeu et se permet de poursuivre au fil de l'inspiration. « Je me suis permise de dérouler, ce que je ne fais pas nécessairement. Je me suis dit, je vais écrire un livre que j'aime et m'amuser », rien de plus. Un joli pari puisque la nouvelle a pris la consistance d'un roman de 700 pages.

 

 

David Shankbone, CC

 

 

Pour l'actrice Miranda Richardson, présidente du jury, a indiqué que le sixième livre de Homes dépassait les attentes en matière d'originalité, d'accessibilité et d'excellence. Elle additionne les adjectifs laudatifs pour justifier le choix du panel: « C'est si rafraîchissant et si drôle – sombrement drôle, et étrangement si émouvant », « viscéral ». La reconnaissance critique s'accompagne d'une cagnotte de 30.000 £ soit environ 35.000 €.

 

Dans son nouveau roman, l'auteure livre l'existence vitriolée d'un universitaire entre deux âges spécialiste de Nixon. Dans les quatorze premières pages, sont évoqués tour à tour, accident de voiture terrible, adultère et meurtre. Et la suite de la narration ne laisse pas baisser le rythme. Une vraie catharsis pour la présidente du jury puisqu'elle évoque un rire libérateur, « une sorte de rire provoqué par la peur ou l'horreur comme rien d'autre ». Déjà dans The End of Alice (1996) Homes abordait la part des ténèbres en livrant une correspondance entre un détenu pédophile et une adolescente.

 

Auparavant Orange Prize, le Women's Fiction pourrait sacrer des livres plus apaisés l'an prochain. Le nouveau partenariat avec Baileys devrait donner aux écrivaines de la liqueur à l'ouvrage.