Les actes d'apôtre de Rushdie : Les enfants de Minuit pour 1 $

Cécile Mazin - 10.01.2013

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Salman Rushdie - Les enfants de minuit - réalisatrice


La rencontre était chargée de symboles. Entre Deepa Mehta, réalisatrice, scénariste et productrice canadienne, et Salman Rushdie, le romancier britannique, qui a dû fuir l'Inde, il y a tout un pays commun : l'Inde. Et voilà quatre ans, tous deux ont eu l'occasion de dîner ensemble. Fructueux repas.

 

 


 

 

Au cours de la conversation, Rushdie et Mehta ont eu l'occasion de discuter du roman, Les enfants de Minuit. Enthousiaste, la cinéaste pose de nombreuses questions, et le romancier, forcément flatté, décide de lui offrir les droits d'adaptation. Ou plutôt, symboliquement, de lui céder pour un dollar.

 

« Salman et moi avions souvent parlé de travailler ensemble. Un soir, durant le dîner, je lui ai demandé qui avait les droits des Enfants de Minuit. Il a répondu que si je le souhaitais, je pouvais les lui acheter et il a conclu l'affaire pour un dollar. Ce n'était pas prémédité, juste guidé par l'instinct », explique la réalisatrice, nominée pour les Oscars.

 

D'ailleurs, Rushdie n'était lui-même pas très chaud, pour prendre part à l'adaptation de son livre pour le cinéma. Mais Deepa a su user d'un fort pouvoir de persuasion pour les convaincre d'écrire le scénario. Rushdie avait déjà écrit pour une série télévisée, par le passé, mais cette expérience a marqué le début de son travail dans le monde du long-métrage.

 

« Il a fait un excellent travail, et je suis plus qu'heureuse de lui avoir demandé de le faire », assure-t-elle. (via Movies

 

La suite de l'aventure est connue : depuis Les versets sataniques, tout produit culturel qui porte le nom de Rushdie est plus ou moins banni. Les Enfants de minuit retrace l'histoire de la nation indienne, notamment la conquête de son indépendance, à travers l'existence de Saleem Sinai, né doté de pouvoirs télépathiques. Et dans les premiers temps, l'Inde avait strictement refusé de distribuer ce film. Une vilaine décision qui n'a, heureusement, pas duré.