Les combats de Stieg Larsson tués par l'édulcorant hollywoodien

Clément Solym - 21.12.2011

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Millenium - feminisme - Stieg Larsson


Le marketing, véritable Satan, estime Eva Gabrielsson, ancienne compagne du romancier suédois, Stieg Larsson. Celle-ci déplore en effet qu'autour des films et des livres, toute une communication virale sur des produits divers ne déforme le message de l'auteur.

 

La sortie ce mardi 20 décembre de la version hollywoodienne, The Girl With The Dragon Tatto, a été remarquée. Reprenant le film suédois, mais tourné à lma sauce américaine, ce lancement s'accompagne évidemment d'un marketing acharné. Pour preuve, la ligne de vêtements chez H&M inspirée du personnage de Lisbeth. 

 

« Nous n'aurions jamais vendu les droits pour ce merchandising. Il n'a rien à voir avec les livres », déplore ainsi Eva Gabrielsson. Elle qui a vécu durant 30 années avec Stieg trouve d'ailleurs méprisable tout ce que les ayants droit du romancier laissent passer. C'est qu'en effet, Stieg et Eva n'étaient pas mariés, aussi revient-il au père et au frère de Stieg de jouer avec la saga Millenium et la vente des droits pour des produits dérivés.

 

 

Ces derniers nient d'ailleurs toute exploitation de l'oeuvre à des fins mercantiles - pour preuve : ils feront don des revenus à des causes nobles, comme ce magazine luttant contre le racisme auquel Stieg avait participé. 

 

Pour autant, Eva n'est pas convaincue : si les revenus sont versés à de belles causes, il n'empêche que le message originel de Stieg est dévoyé. Tous les aspects de la lutte contre les violences sexistes dans son oeuvre sont noyés sous les flots de marketing primaire. Alors que Stieg voulait dénoncer les déséquilibres existant en Suède entre hommes et femmes, on va finalement habiller celles du monde entier comme Lisbeth Salander. 

 

« L'oppression des femmes existe partout, cette discrimination est incompréhensible », ajoute Eva, auprès de l'Associated Press. Au point que l'actrice américaine qui campe le rôle de Lisbeth, Rooney Mara, ait assuré qu'elle ne voyait pas de féminisme dans son personnage. Pour elle, la jeune pirate informatique n'appartient à aucun groupe, ni ne se revendique d'une quelconque sous-culture. « A-t-elle la moindre idée de ce qu'est le film dans lequel elle a joué ? A-t-elle lu les livres ? Personne ne l'a coachée », s'indigne alors Eva. 

 

Car c'est tout le contraire : Lisbeth est bien une incarnation de la résistance contre les mécanismes sociaux qui font violence aux femmes. Y compris au travers des pires scénarios, comme elle peut d'ailleurs les subir. D'ailleurs, toute notion de féminisme est complètement supprimée, avec ce titre anglais du film, qui sonne, estime-t-elle, comme un livre pour enfant. 

 

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, traduction du titre original, Man som hatar kvinnor, aurait été bien plus respectueux du thème central de la saga...

 

 




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.