« Les combustibles » d'Amélie Nothomb sur les planches

Clément Solym - 05.04.2008

Culture, Arts et Lettres - Salons - Combustibles - Amélie - Nothomb


Amélie Nothomb nous offre un huis clos entre trois protagonistes taraudés par cette question : « Vaut-il mieux vivre de la littérature ou la brûler pour s’en réchauffer ? ».

Ecrivain belge, née au Japon, Amélie Nothomb a fait en 1992, à 25 ans, son entrée dans le monde des lettres avec son roman Hygiène de l'assassin. Depuis, elle continue à publier régulièrement avec succès et notamment encore en 2007 Ni d'Eve ni d'Adam.

Un livre qui s’interroge sur les livres :

Les combustibles
est son troisième livre, paru en 1994. Stéphane Cottin le met en scène dans une production qui tient un juste équilibre entre gravité et cruauté, tempérées par la drôlerie.

Les "combustibles", ce sont les livres que sont forcés à brûler pour se réchauffer en plein hiver, dans une ville assiégée, affamée et presque détruite, un professeur de littérature qui a recueilli son assistant et sa compagne.

Le décor est signé Sophie Jacob : une toile de fond enfumée (fumée de la guerre ou lente combustion du poêle dans lequel on brûle les livres) et une barrière de livres qui finit par se réduire à un seul opuscule, indispensable mais finalement.

Quel ouvrage sacrifier en premier... Et surtout en dernier ?

Amélie Nothomb pose la question de la place de la littérature et de la culture dans nos sociétés modernes, dans le dialogue entre le professeur, revenu de tout, que joue Michel Boy et son assistant qui croit encore au pouvoir des livres pour changer les individus et que campe Grégory Gerreboo.

Avec le personnage de la jeune femme, interprétée de façon attachante par Julie Turin, Amélie Nothomb pousse la nature humaine dans ses derniers retranchements. C'est la guerre. La ville est assiégée, affamée, presque détruite. Nous sommes en hiver. Daniel et Marina sont réfugiés chez leur professeur de littérature. Ils n'ont plus rien à brûler. Ou plutôt il reste les livres... Il reste cette possibilité absurde : détruire, pour survivre, ce qui donne un sens à leur vie...

Au Théâtre Daniel-Sorano de Vincennes du 12 mars au 20 avril 2008, du mercredi au samedi à 20 h 45, le dimanche à 16 heures. Durée : 1 h 15. De 18 à 22 €.


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