Les écrivains anti-apartheid s'inquiètent des lois de l'ANC

Clément Solym - 26.08.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - Afrique - censure - nobel


Comme un retour d’un passé nauséabond. L'Afrique du Sud débat actuellement de deux propositions de loi qui font frémir les anciens combattants de la liberté pour tous. Au cœur des inquiétudes, les débats menés par l’ANC pour faciliter la mise en détention de journalistes pour publication d’informations que le gouvernement garde secrètes, l’autre établissant un tribunal en charge de « discipliner les journalistes ».

Une décision révélatrice de la tension continue entre la presse et le gouvernement, que le président Jacob Zuma explique afin de protéger les secrets gouvernementaux et améliorer les médias. À moins qu’il s’agisse de museler les trop nombreuses voix qui dénoncent les travers polygames du chef d’État.


Andre Brink et Nadine Gordimer, écrivains militants anti-apartheid ont annoncé mardi qu’ils enjoignaient les autres auteurs du pays à rédiger une déclaration sur les méfaits de telles lois. Un engagement naturel pour l’écrivaine qui se souvient « de ce que peut faire la censure », a-t-elle expliqué à l’occasion de l’annonce.

« Si l’information est retenue, il y a de fait une part de votre intellect et de votre intelligence qui ne se développe pas », a-t-elle souligné à l’AP. Et fait part de sa tristesse à l’idée que c’est « l’ANC qui propose de telles mesures après avoir mené le combat contre l’apartheid ».

Nadine Gordiner, 86 ans, a reçu le prix Nobel de littérature en 1991. Elle est également connue pour avoir édité trois romans et une anthologie d’auteurs Noires qui seront interdits, et son activité jugée antipatriotique.


(crédits photographiques Yaffa Phillips)