Les enjeux de l'Histoire au temps du choléra

Audrey Le Roy - 23.11.2015

Culture, Arts et Lettres - Expositions - livre histoire - salon Versailles


Ce week-end se tenait la huitième édition du Salon du livre d’Histoire de Versailles. Au programme des débats, des rencontres, des lectures, etc. Non, l’Histoire n’est pas qu’une matière obscure qu’une prof stricte essayait de faire entrer, à coup de frise chronologique, dans la cervelle. Pour ma part mon premier prof d’Histoire, Monsieur P., était diablement sexy, ce qui m’a certainement aidé à être attentive à tous les mots qui sortaient de sa divine bouche. Soit, tout le monde n’a peut-être pas eu ma chance.

 

Mais alors, comment aimer l’Histoire et comment comprendre à quoi peut bien servir cette matière ? Quand on demande à quelques historiens présents au salon en quoi l’Histoire est importante, surtout en ces périodes sombres, voici leurs réponses. 

Alexandre Maral, historien de l’art et conservateur en chef des châteaux de Versailles et de Trianon, nous répond que « le passé est important pour comprendre l’avenir » que « le Président de la République l’a bien dit lors de la convocation du parlement en Congrès à Versailles, le 16 novembre dernier, la France a déjà connu de nombreuses épreuves ; l’Histoire est ici prise en compte. » 

 

Alexandre Maral

Alexandre Maral (Audrey Le Roy, CC BY SA 2.0)

 

 

Mathieu Da Vinha, directeur scientifique du Centre de recherche du château de Versailles, répond « que l’histoire se répète, malheureusement souvent, et que s’y intéresser peut aider à éviter de refaire certaines erreurs. L’Histoire doit permettre de mieux comprendre ce qu’est une nation avec ses défauts et ses qualités. Par exemple, l’histoire de la monarchie nous permet de comprendre la construction de la République française. » 

 

Mathieu Da Vinha

Mathieu Da Vinha (Audrey Le Roy, CC BY SA 2.0)

 

 

Pour Jean Sévillia, écrivain et journaliste, l’Histoire « donne des leçons dont on doit tirer des exemples », pour Jean-Louis Debré, ministre de l’Intérieur entre 1995 et 1997, président de l’Assemblée nationale (2002 à 2007) puis président du Conseil constitutionnel depuis le 5 mars 2007, l’Histoire « est vitale pour savoir où l’on va. »

 

Jean Sévillia

Jean Sévillia (Audrey Le Roy, CC BY SA 2.0)

 


L’Histoire, nécessaire pour construire l’avenir : l’Histoire est une mémoire, notre mémoire. Est-ce que les imbéciles qui tuent aux terrasses et dans les salles de concert, ceux qui font sauter à coup de dynamite des trésors plusieurs fois millénaires, qu'ont construit leurs ancêtres, comprennent que nous sommes meurtris, mais pas surpris ? Que l’Histoire nous a déjà prouvé que « les cons ça osent tout » ! (Audiard) 

 

Jean-Louis Debré (1)

Jean-Louis Debré (Audrey Le Roy, CC BY SA 2.0)

 


Alors, pour contrer l’obscurantisme, bien modestement, on recommanderait la curiosité. Ouvrir les livres d’histoire, aller au musée, consulter des reportages, des films... et ne pas hésiter à entraîner ses amis, enfants, petits-enfants, voisins, et ainsi de suite.

 

L’Histoire ne se résume pas à des dates ou des têtes couronnées, comme pour Laurent Joffrin, écrivain et journaliste, ça peut être « une réserve d’émotion », ça peut aussi être l’histoire de l’art, de la musique, de la mode, de la gastronomie, de la littérature, du théâtre, du cinéma, des échanges économiques, de la politique, du progrès technique, de l’automobile et de l’aviation…

 

Laurent Joffrin

Laurent Joffrin (Audrey Le Roy, CC BY SA 2.0)

 

 

Bref l’Histoire c’est obligatoirement, quelque part, un domaine qui vous plaît. Alors quel que soit ce domaine, l'instruction et le partage du savoir n’empêcheront probablement pas immédiatement les guerres. Au mieux évitera-t-on de grossir les rangs des imbéciles.