Les fans d'Harry Potter s'engagent dans l'humanitaire

Clément Solym - 20.07.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - harry - potter - humanitaire


Alors que l’avant-dernier tome de la saga du petit magicien paraît en 2005, un passionné lance une association militante à l’effigie du directeur de Poudlard.

Pendant réel de l’Armée de Dumbledore, l'Alliance Harry Potter promeut l’utilisation « de l’arme que nous avons, et qu’il est plus que temps de se servir de cette arme » comme on peut le lire sur le site. Ridicule ?

Pas pour tous. Puisque cinq ans après son lancement, l’association de Andrew Slack  s'investit largement dans les grandes causes humanitaires de notre époque. Ainsi, ce mécénat sorcier a levé 250.000 $ ce mois-ci pour des projets allant de l’aide matérielle aux réfugiées du Darfour, à Haïti en passant par le transport de milliers de romans de J. K Rowling pour des zones défavoriéses du Mississippi. S’ils ne manifestent pas pour la libération des elfes de maisons, les bénévoles militent autant contre les génocides que pour lever le tabou de l’homosexualité dans la littérature.

Une raison suffisante pour faire taire les mesquins qui ne croient plus au vieillard à barbe blanche. De son côté, Slack, la trentaine, révèle qu’il n’est pas qu’un simple bénévole pottermaniaque. Bien en phase avec son temps, l’Américain exploite une fibre de la psyché des lecteurs : « Je pense que la plupart des gens qui aiment les histoires veulent voir des choses plus grandes qu’eux », et les encourage à « être à l’image d’Harry ».

Andrew Slack, acupuncteur culturel

Derrière cet entrain philanthrope, l’homme joue sur ce qu’il appelle « l’acupuncture culturelle ». A la manière d’un praticien, il appuie sur certains zones sensibles des fans pour promouvoir les droits de l’Homme et la justice sociale.


Samantha Enders, responsable chez Partners in Health a vu les effets du charisme de Slack. « Quand Andrew est venu la première fois nous voir, il pensait être capable de rassembler 500 $ », se rappelle-t-elle. Les dernières estimations feront état d’un montant de 123.754,14 $. Recette de cette formule magique, une communauté en ligne typique du web 2.0, très active dans la création de réseaux au-delà du virtuel. Esther Earl alias « crazycrayon » a plongé dans cet univers alors qu’on lui découvrait un cancer.

« Je ne pouvais réellement rien faire vu comme j’étais clouée au lit », explique-t-elle. Avec le temps, elle devient une participante régulière, se fait de nouveaux amis à distance, et entre en contact avec Slack. Depuis elle s’efforce d’oeuvrer pour « l'amour, ce pouvoir supérieur ». Comme Dumbledore.

On retiendra parmi les dernières campagnes de l’association, la devise What Would Dumbledore Do ?, une reprise d’une campagne antérieure « What Would Jesus Do , » menée par des chrétiens évangéliques américains.  Dans le même temps, Andrew Slack a annoncé que les fonds serviraient à l’établissement d’une coalition  plus large qui rassemblera les communautés de fans dans le but de lutter contre l’injustice sociale.

Et Voldemort dans tout ça, futur emblème du Death Metal ?