Les finalistes du Grand Prix de Littérature Américaine 2017

Laure Besnier - 06.10.2017

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Prix Littéraire Américain - Sélections Prix - Prix Américain 2017


La dernière sélection du jury du Grand Prix de Littérature Américaine vient de tomber. Les romans de Vivian Cornick, Christian Kiefer et Richard Russo sont finalistes. Depuis 2015, le Grand Prix de Littérature Américaine récompense un roman américain paru depuis le 1er janvier, se distinguant par ses qualités littéraires de premier plan. Le lauréat sera désigné le jeudi 9 novembre prochain. 

 
drapeau américain
(sylvain.collet CC BY 2.0)


Ce jeudi 5 octobre, les 9 membres du jury composé de critiques littéraires, éditeurs et libraires se sont réunis au restaurant Joe Allen à Paris pour arrêter la dernière sélection, soit trois romans finalistes :

Attachement féroce, de Vivian Cornick (Rivages), traduit par Laetitia Devaux
 
Icône du journalisme en Amérique, Vivian Gornick a surtout connu le succès en Amérique avec ses textes autobiographiques. Le plus « culte » , Attachement féroce, publié en 1987, paraît pour la première fois en français. Dans la lignée de L'Année de la pensée magique de Didion ou de Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? de Jeanette Winterson, Gornick s'empare d'un sujet universel : les relations mère-fille. Dès les premières pages, on tombe sous le charme de cette mère puissante et terrible. Vivian raconte l'amour fou qui les lie et leurs marches dans la ville. Elles arpentent New York et leur vie, avec une lucidité qui frappe en plein coeur.

Les animaux, de Christian Kiefer (Albin Michel), traduit par Marina Boraso
 
Niché au fin fond de l’Idaho, au cœur d’une nature sauvage, le refuge de Bill Reed recueille les animaux blessés. Ce dernier y vit parmi les rapaces, les loups, les pumas et même un ours. Connu en ville comme le « sauveur » des bêtes, Bill est un homme à l’existence paisible, qui va bientôt épouser une vétérinaire de la région. Mais le retour inattendu d’un ami d’enfance fraîchement sorti de prison pourrait ternir sa réputation. Rick est le seul à connaître le sombre passé de Bill, que ce dernier s’est acharné à cacher pendant toutes ces années. Pour préserver son secret et la vie qu’il a bâtie sur un mensonge, Bill est prêt à tout. Au fur et à mesure que la confrontation entre les deux hommes approche, inéluctable, l’épaisse forêt qui entoure le refuge, jadis rassurante, se fait de plus en plus menaçante…

À malin malin et demi, de Richard Russo (Quai Voltaire), traduit par Jean Esch
 
Quand Douglas Raymer était collégien, son professeur d’anglais écrivait en marge de ses rédactions : «Qui es-tu, Douglas?» Trente ans plus tard, Raymer n’a pas bougé de North Bath, et ne sait toujours pas répondre à la question. Dégarni, enclin à l’embonpoint, il est veuf d'une femme qui s’apprêtait à le quitter. Pour qui? Voilà une autre question qui torture ce policier à l’uniforme mal taillé. De l’autre côté de la ville, Sully, vieux loup de mer septuagénaire, passe sa retraite sur un tabouret de bar, à boire, fumer et tenter d’encaisser le diagnostic des cardiologues : « Deux années, grand maximum. » Raymer et Sully sont les deux piliers branlants d’une ville bâtie de travers. Quand un mur de l’usine s’écroule, tous ses habitants – du fossoyeur bègue au promoteur immobilier véreux, en passant par la femme du maire et sa case en moins – sont pris dans la tempête. De courses-poursuites en confessions, de bagarres en révélations, Raymer, Sully et les autres vont apprendre à affronter les grandes misères de leurs petites existences. 

Dans le sillage de William Faulkner, Ernest Hemingway, Jim Harrison ou John Irving, la nouvelle génération d’écrivains américains interpelle par son audace. Mobile et se renouvelant sans cesse, la littérature américaine est appréciée dans le monde entier. Le Grand Prix de Littérature Américaine se veut un signal, un repère proposé aux lecteurs. La puissance des premiers textes distingués démontre l’acuité du jury et l’importance d’un tel prix dans le paysage littéraire. Laird Hunt pour Neverhome (Actes Sud) et Atticus Lish pour Parmi les loups et les bandits (Buchet-Chastel) sont les deux premiers lauréats de ce Prix.

Le jury est composé de neuf membres (trois critiques littéraires, trois éditeurs et trois libraires) : Philippe Chevilley (Les Échos), Olivier Cohen (L’Olivier), Bruno Corty (Le Figaro Littéraire), Francis Geffard (Albin Michel), Emmanuelle Heurtebize (Delcourt littérature), Orianne Jeancourt (Transfuge), Sylvie Loriquer (L’Attrape-Cœurs, Paris), Jean-Christophe Millois (Librairie de Paris) et Pascal Thuot (Millepages, Vincennes). 

Vivian Cornick - Attachement féroce - traduit par Laetitia Devaux - RIvages - 9782743638672 - 20.00 €
Christian Kiefer - Les animaux - traduit par Marina Boraso - Albin Michel - 9782226318206 - 25.00 €
Richard Russo - À malin malin et demi - traduit par Jean Esch - La Table Ronde - 9782710378112 - 24.00 €
 

Retrouver la liste des prix littéraires français et francophones.
 

Les prix de la rentrée littéraire 2017

 

Rentrée littéraire 2017, la fashion week des libraires