Les incunables du Musée des Lettres et manuscrits

Clément Solym - 13.09.2012

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Musée des Lettres et manuscrits - Incunables - Gérard Lhéritier


Le Musée des Lettres et manuscrits inaugurait mardi dernier l'exposition de manuscrits plus que centenaires, en la présence de Gérard Lhéritier, le président du Musée, Pascal Fulacher, le commissaire de l'exposition, ainsi que de l'écrivain et journaliste Patrick Poivre d'Arvor. Une collection de manuscrits intitulée « Six siècles d'art du livre – de l'incunable au livre d'artiste »  ouverte aux visiteurs dès aujourd'hui, jusqu'au 20 janvier 2013.

 

 

 

Edition originale de l'Encyclopédie, Diderot et d'Alembert

 

 

L'exposition temporaire présentera six siècles de manuscrits. 4 mois, pour 600 ans de reliure, c'est qu'en passant devant les vitrines, cela semblerait presque plus extraordinaire que de reluquer un Delacroix au Musée du Louvre. Parmi les incunables _selon le terme qui désigne les premiers ouvrages imprimés à la mode de Gutenberg, c'est à dire, vers 1450 et des brouettes_ l'édition originale des Métamorphoses d'Ovide, poète de l'amour jugé transgressif et répudié de l'Empire romain pour affront à la pietà augustéenne. Ses textes originaux et illustrés sont tombés depuis entre les mains fortunées d'un mécène.

 

Les visiteurs pourront découvrir l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, intacte, au format «atlas», avec ses illustrations représentant mécaniques et autres objets hérétiques du même genre. Le Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau, présenté sous l'œil conquis des visiteurs, qui sont bien déconcertés de regarder les livres, en pensant qu'ils ne peuvent pas les feuilleter comme les pages du reader's digest.

 

Plus d'une centaine d'ouvrages constituent la collection permanente du musée, ambiance germanopratine, parmi les livres d'heures médiévaux, somptueusement ornés et les portulans. Au sous-sol, rencontre avec Napoléon 1er, De Gaulle, Eisenhower, Baudelaire ou encore René Char. Pas une rature ne nous échappe, entre les « Cher ami » et les « Je pense bien à vous » qui inaugurent et concluent chaque missive. Et puis, dans la seconde pièce du bas étage, les cadences imparfaites de Chopin se double-accrochent avec les partitions de Schubert.

 

Partition manuscrite de Franz Liszt

 

L'agenda des trois mois à venir du musée fût présenté, dont diverses manifestations intra-muros (nocturnes, ateliers de calligraphie, et ateliers pour les scolaires) et in extenso (Le livre sur la place de Nancy, Salon de l'écriture à la Mairie du VIIe). Le public est convié ce week-end aux visites gratuites du MLM, avec l'intervention d'une guide-conférencier commentant les œuvres. Et puis, au début du mois prochain, les visites nocturnes seront ouvertes gratuitement au public dans le cadre de la 10e nuit blanche de Paris, de 19 h à 22 h.

 

 « Il est plus difficile d'établir un livre que de construire tout un quartier voire des villes entières » dit un jour l'éditeur et marchand de tableaux Ambroise Vollard à un ingénieur américain, selon le mot de Bernard Lhéritier. Ainsi, et comme pour lui faire honneur, il devait être encore plus difficile d'être à la place de Pascal Fulacher, l'auteur d'un ouvrage au titre éponyme, Six siècles d'art du livre - De l'incunable au livre d'artiste consacré à l'exposition. Co-édité par la maison Citadelles & Mazenod et le Musée des lettres et manuscrits, ses 304 pages et 260 illustrations sont disponibles pour la somme de 39 €.