Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Les lauréats des prix littéraires du Gouverneur général 2017

Laure Besnier - 02.11.2017

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Prix Littéraire - Prix Gouverneur général - Prix Littéraire Canada


Les prix littéraires du Gouverneur général ont été annoncés ce premier novembre 2017. Créés en 1936, Ils récompensent de grands livres canadiens en langue française et en langue anglaise, dans chacune des 7 catégories suivantes : romans et nouvelles, essais, poésie, théâtre, littérature jeunesse – texte, littérature jeunesse – livres illustrés et traduction (anglais et français). Chacun des lauréats reçoit une bourse de 25.000 $ CA pour l'excellence de son travail.

 

Oh Canada...

Alkan Boudewijn de Beaumont Chaglar CC BY-SA 2.0



Voici les gagnants de l'année 2017 :

 

Romans et nouvelles : Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin (La Peuplade)

 

 

Jury : Julie Hétu, Monia Mazigh, Yvon Paré


Résumé : Dans une véranda cousue de courants d’air, en retrait d’un village sans électricité, s’organise la vie de Matthias et d’un homme accidenté qui lui a été confié juste avant l’hiver. Telle a été l’entente : le vieil homme assurera la rémission du plus jeune en échange de bois de chauffage, de vivres et, surtout, d’une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps.

Les centimètres de neige s’accumulent et chaque journée apporte son lot de défis. Près du poêle à bois, les deux individus tissent laborieusement leur complicité au gré des conversations et des visites de Joseph, Jonas, Jean, Jude, José et de la belle Maria. Les rumeurs du village pénètrent dans les méandres du décor, l’hiver pèse, la tension est palpable. Tiendront-ils le coup?

 

Poésie : La main hantée de Louise Dupré (éditions du Noroît)

 

 

Jury : Valérie Forgues, Hélène Harbec, Lenous Suprice


Résumé : Une femme fait euthanasier son chat, décision qui suscite chez elle une prise de conscience de sa capacité à tuer. Elle écrit, la main hantée par l'Histoire, elle retourne jusqu'à la mémoire oubliée du temps où ses ancêtres étaient des animaux. Par l'écriture, elle essaie de comprendre la psyché et ses manifestations évidentes de cruauté, qu'elle voit tous les jours dans les médias : viols, meurtres, bombardements de civils, indifférence envers les impuissants, humains et bêtes qu'on fait souffrir sans remords. Ce livre est un cri provoqué par des questions existentielles : comment faire face à la méchanceté ambiante, comment voir sa propre méchanceté sans sombrer dans le désespoir, comme tant d'écrivains qui n'ont pas résisté? Par l'écriture, par l'ouverture à l'autre, par la compassion, il lui semble possible d'affronter la vie en croyant que, si elle reconnaît la présence du mal aussi bien en elle que dans le monde, elle pourra y répondre en se tenant debout parmi les vivants.

 

Théâtre : Dimanche napalm de Sébastien David (Leméac)

 

 


Jury : Marcelo Arroyo, Robert Claing, Dominique Lafon


Résumé : Cloîtré chez les siens à la suite d’un « accident », un jeune homme se tait obstinément. Ce silence étrange conduit les membres de sa famille à livrer par petites doses leurs secrets les mieux enfouis, tandis que rôde autour d’eux l’ombre dérangeante de la Grand-mère.

Portrait d’une déflagration : entre humour et drame, la chimie familiale prend feu et, au-delà, l’apparente tranquillité de la banlieue. Par son refus provocant du babillage ambiant, le mutisme du Fils pose au vacarme de notre époque la vertigineuse question du sens.

 

Essais : Les yeux tristes de mon camion de Serge Bouchard (éditions du Boréal)

 

 

Jury : Maxime Catellier, Jean Morency, Claire Varin


Résumé : Connaissez-vous Massassoit, le vieux sage de la nation wampanoag, Jean-Baptiste Faribault et Jean Baptiste Eugène Laframboise, ces aventuriers canadiens-français qui ont bâti l’Ouest américain, ou l’oncle Yvan, revenu de la guerre alors que plus personne ne l’attendait, ou la tante Monique de Santa Monica? Saviez-vous qu’une vieille Honda était douée de la parole, qu’une grande tortue sacrée vivait sur le boulevard Pie-IX, qu’un camion des années 1950 avait des yeux, et que ces yeux pouvaient parfois être tristes? Voilà quelques-unes des merveilles que l’on découvre ici, ainsi que mille autres, grandioses ou infimes, lointaines ou familières, cachées dans le passé que nous avons oublié, chez les humbles que nous n’écoutons plus, ou bien là, tout près, dans la nature qui nous entoure comme dans la ville que nous habitons, mais que notre modernité trépidante et notre obsession de la vitesse et de l’efficacité nous empêchent de saisir.

 

Littérature jeunesse (texte) : L'importance de Mathilde Poisson de Véronique Drouin (Bayard Canada)

 


Jury : Sandra Dussault, Micheline Marchand, Sylvain Meunier


Résumé : Depuis le départ de son père, Mathilde a quitté le cégep afin de subvenir à ses besoins et à ceux de sa mère devenue alcoolique. La jeune fille est caissière dans une épicerie, où elle subit l’humeur exécrable d’un supérieur qui la harcèle sans répit. Incapable d’en supporter davantage, Mathilde décide d’en finir avec cette vie infernale. Mais un jeune garçon l’en empêche au dernier moment. Tout de blanc vêtu, il dit s’appeler Mot et, de toute évidence, il aime la confrontation. Qu’il soit ange ou démon, Mathilde est bien déterminée à semer cet étrange personnage qui s’attache à ses pas et l’oblige à se remettre en question.
 

Littérature jeunesse (livres illustrés) : Azadah de Jacques Goldstyn (La Pastèque)



Jury : Édith Bourget, Anne-Claire Delisle, Yayo


Résumé : Au contact d'une photographe, une petite afghane constatera que le monde est vaste et que les possibilités sont infinies...

 

Traduction (de l'anglais vers le français) : Une barbare en Chine nouvelle d'Alexandre Trudeau (éditions du Boréal)

 

 


Jury : Jude Des Chênes, Louise Ladouceur, Robert Paquin


Résumé : TRADUCTION DE DANIEL POLIQUIN
Depuis l’enfance, Alexandre Trudeau est fasciné par la Chine. Il retrace ici pour nous ses pérégrinations dans ce pays qui est synonyme de démesure et brosse un portrait saisissant de la Chine contemporaine, sans doute le plus grand laboratoire où se dessine l’avenir de l’humanité.
 

Les résumés sont ceux des éditeurs.