Les livres pour enfant et les publications universitaires à l'honneur en Chine

Louis Mallié - 30.08.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Beijing - Livre adapté - Livre jeunesse


Du 27 au 31 août se déroule le vaste Salon international du livre de Beijing. L'occasion d'observer ce qui ressort de l'industrie du livre chinois — tout autant que de voir à quoi s'intéresse le pays dans la production internationale. Et les tendances sont cette année clairement visibles. Et si les deux peuvent paraître éloignés, ce sont bien le livre jeunesse et les publications universitaires qui semblent à l'honneur cette année. 

 

 

 

On ne s'y attendrait pas et pourtant, le Salon de Beijing « met en valeur toutes les évolutions qui ont accru l'importance des pays asiatiques — et spécialement la Chine — dans le domaine des publications universitaires », explique Holger Volland, co-organisateur du forum sur le stand de Scientific, Technical and Medical Publishing (STM Publishing). Selon lui, le nombre de publications universitaires en Chine s'est considérablement accru, les nombreux investissement Recherche et Développement du pays attirant force chercheurs étrangers. 

 

Une croissance qui a encouragé la STM Association à se pencher sur les nouvelles alternatives proposées par le numérique, expliquent les gérants du forum, ajoutant que l'impression à la demande apparait peut-être comme l'une des meilleures solutions. Quoi qu'il en soit, la force des publications universitaires en Chine est visible dans le Salon, ainsi que semble en attester les vastes stands d'Elsevier, Wolters Kluwer, Springer, Cengage, McGraw-Hill, John Wiley et Taylor & Francis.

 

En outre, la foire révèle un des actuels gros gagnants de l'industrie du livre en Chine : à savoir le livre jeunesse. « Nous avons amené près de 125 titres au salon », expliquent les responsables du stand Usborne, gros exportateurs de livres en Chine. « C'est la première fois que nous exposons ici […] et le résultat est très encourageant. » Une opinion confirmée par Meredith Greenhouse, directrice des ventes internationales d'HarperCollins dans son stand, qui dit avoir observé une importante augmentation des importations de livres pour enfants en Chine. Elle rapporte par exemple le succès du magazine I Can Read, essentiellement dû, selon elle, au directeur marketing de la maison Michael Zhang, établi à Shanghai. Une réussite également rendue possible grâce aux distributeurs avec lesquels elle travaille : outre Amazon et JD, on trouve naturellement DangDang.

 

Côté fiction, ce sont pour la maison les romans de Veronica Roth qui sont les plus vendus, aux côtés de Before I Go to Sleep de S.J Watson, et The Strain de Guillermo Del Toro : « Les films et les séries télé sont formidables pour faire bouger les ventes », s'enthousiasme Meredith Greenhouse ? Toujours dans les allés dédiées à la jeunesse, on trouve aussi l'éditeur numérique New Yorkais Victoria Productions. Se définissant comme « un créateur de livres innovants pour enfants », Victoria Han Farago, directrice artistique de la maison et auteure, dit utiliser les technologies de la 3D et de la réalité augmentée afin d'apprendre aux enfants à lire plus vite. « Nous souhaitons combiner l'impression avec le numérique afin d'offrir aux enfants une façon plus intuitive d'apprendre à lire et parler. »

 

Un projet qui semble prometteur puisque Victoria Han Farago rapporte avoir déjà retenu l'attention de plusieurs éditeurs dans le Salon... Et si le succès est donc bien au rendez-vous pour les éditeurs de livres jeunesse, celui-ci n'est pourtant pas une surprise, d'après l'éditeur anglais Sweet Cherry publishing. Il serait en effet le reflet de l'engouement qu'avait déjà suscité laFoire du livre jeunesse de Shanghai en novembre 2013. « Nos 10 tomes de Diaries of Robin's Toys y avaient attiré l'attention de 34 éditeurs, et nous avions commencé à recevoir des offres pour les droits deux mois plus tard », raconte Abdul Thadha, directeur de la maison.

 

Et ce salon aussi devrait lui être bénéfique : le jour où il est interrogé, il a déjà 15 rendez-vous... et raconte en avoir encore une quarantaine avant le 31 août. (Via PublishersWeekly)