Les Maximonstres de Sendak : allez en enfer si vous n'aimez pas

Clément Solym - 21.10.2009

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - maximonstres - Sendak - aller


L'auteur de Where the Wild Things Are, plus connu en France sous le titre Max et les Maximonstres, a connu le plaisir de voir son oeuvre adaptée par Spike Jonze avec une sortie prévue le 18 décembre. Cette aventure d'un petit garçon plutôt vilain, qui est envoyé au lit sans dîner et va se retrouver dans un pays inconnu avec des monstres sauvages a été publiée en 1963. Et l'arrivée du film provoque forcément des réactions du côté des parents.

Pour Sendak, elles sont profondément débiles. Si, si. « Je leur propose d'aller brûler en enfer. Et si les enfants ne peuvent pas supporter cette histoire, qu'ils rentrent chez eux ou fassent dans leur pantalon. » Mais pas question de laisser dire que son livre et le film qui en découle sont trop effrayants, affirmait-il lors de l'avant-première.

D'ailleurs, les parents ne sont pas les seuls à faire les frais de son humeur : Disney en prend aussi pour son grade. Car enfant, lui-même a adoré les aventures de la petite souris, « symbole de bonheur et d'amusement ». Et quand il le vit au cinéma, le petit Maurice Sendak piaffait sur son siège.

Or, cette souris était bien plus méchante et dangereuse que son livre. « Il faisait des choses à Winnie qui n'étaient pas gentilles. Je pense que ce qui s'est passé - et c'est ma théorie personnelle - c'est que le personnage est devenu si populaire et apprécié qu'ils ont reporté la méchanceté et la cruauté sur Donald Duck. Et ils ont transformé Mickey en un truc ridicule. Il est trop important pour les produits dérivés. Ils souhaitent que la souris soit calme, adorable et gentille. »

C'est à ce moment-là qu'il a décidé que son héros était destitué.

Et dans une interview accordée Newsweek, l'auteur revient sur le dernier mot de son livre. De retour dans sa maison, Max est décrit comme "still hot". Et l'éditeur aurait préféré que l'on emploie le mot "warm". Parce qu'il voulait éviter que l'on considère que l'enfant serait brûlé. « Je ne pouvais pas le croire. Et cela a tourné en une véritable guerre, juste pour un mot. »

Le thème sous-jacent de son livre, c'est la complexité des émotions dans lesquelles se débattent les enfants, qui ressentent et apprennent à gérer leur ressenti, alors que nous, adultes, sommes déjà coutumiers de ces choses.

Vraiment ?