Les mécènes militent pour l'exonération fiscale des prix littéraires

Clément Solym - 23.05.2012

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - prix littéraires - Australie - exonération fiscale


Le Miles Franklin Literary Award, décerné en Australie depuis 1957, est doté d'une récompense en espèces sonnantes et trébuchantes, à la hauteur de 50.000 $. Cependant, l'heureux lauréat devra s'acquitter d'un impôt sur le revenu jugé trop lourd par de nombreux auteurs, qui bénéficient désormais du soutien de la Trust Company, la société qui alimente les fonds du prix.

 

Le directeur exécutif de la Trust Company, John Atkin, s'est lancé dans une vaste campagne pour réclamer l'exonération fiscale du prix littéraire doté par sa société, après que l'un des auteurs en lice pour l'édition 2012, Alex Miller, ait déclaré que le Miles Franklin Award était « menacé de disparition ». 


 

 

 

« On peut penser que le gouvernement devrait faire le plus possible pour encourager les financements privés » a expliqué John Atkin. En Australie, seules les récompenses littéraires décernées par le Premier Ministre sont exonérées d'impôts : « Nous ne faisons que réclamer un pied d'égalité entre récompense publique et récompense privée » se défend le responsable. « Il s'agit juste d'augmenter les revenus des auteurs. » Atkin a défendu son point de vue dans une lettre envoyée au Ministre australien des Arts, mais restée sans réponse.

 

Un étrange combat, alors que sur les 53 ouvrages lauréats du Prix Miles Franklin, une vingtaine sont indisponibles : « un mépris généralisé de notre héritage littéraire », note Michael Heyward, directeur de la maison d'édition australienne Text Publishing. Entre les liquidités et la postérité, il faudra choisir.