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Les meilleures affiches de Roland Topor pour le cinéma

Antoine Oury - 05.04.2017

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Roland Topor - Roland Topor cinéma - Roland Topor affiches cinéma


Génial illustrateur, Roland Topor avait des affinités particulières avec le cinéma : dès 1965, il collabore avec son ami René Laloux pour réaliser le court-métrage de science-fiction catastrophe Les Escargots et participera à de multiples films au cours de sa carrière, dont le film d'animation culte La Planète sauvage. Mais Roland Topor signera surtout de magnifiques affiches pour de nombreux films. Sélection.

 

 

La Planète sauvage, René Laloux, 1973

 

S'il ne fallait conserver qu'une seule contribution à l'histoire du cinéma de Topor, ce serait sans doute celle-ci : le long-métrage d'animation La Planète sauvage, prix spécial du jury à Cannes cette année-là, a bouleversé le regard sur l'animation. Sans ce film, certains anime japonais n'existeraient certainement pas...

 

Plus qu'une affiche, La Planète sauvage s'appuie totalement sur les dessins de Roland Topor, animés avec la technique du papier découpé par les studios d'animation Jiří Trnka de Krátký Film à Prague.

 

Sur la planète Ygam vivent des androïdes géants appelés les Draags. Ils élèvent de minuscules êtres humains qu'ils surnomment Oms. Mais un jour, l'Om de la jeune Tiwa se révèle plus intelligent et va déclencher une révolte...

 

 

 

La Faille, Peter Fleischmann, 1975

 

Roland Topor illustrera plusieurs films de Peter Fleischmann, dont Dorothéa en 1974. La Faille est l'adaptation du roman policier d'Antonis Samarakis, qui décrit une police corrompue aux méthodes autoritaires.

 

Un homme de quarante ans est arrêté pour un motif quelconque. Il est envoyé à la « Centrale ». Lors d'un interrogatoire, l'inspecteur découvre que cet homme appartient à un réseau de l'opposition. L'homme sera gardé en compagnie de quelques complices.

 

 

 

L'Ibis rouge, Jean-Pierre Mocky, 1975

 

Le dessin de Roland Topor incarne parfaitement les drôles de relations qui se nouent entre les personnages de cette cruelle fable de Jean-Pierre Mocky, tout en reprenant le motif, finalement secondaire, de l'ibis. On retrouve dans l'affiche le goût de Topor pour les déformations et les corps reconstitués...

 

Tandis que rôde un étrangleur, un homme tente de réunir le montant d'une dette de jeu mettant sa vie en péril.

 

Panique à la BnF ! Roland Topor s'empare des lieux

 

 

L'Empire de la passion, Nagisa Oshima, 1978

 

Deux ans après L'Empire des sens, qui avait fait scandale par ses images pornographiques, le réalisateur japonais Nagisa Oshima filme la suite, L'Empire de la passion. Si ce film est réputé plus sage que le précédent, l'affiche de Topor est suffisamment explicite, tout en laissant de la place à l'imagination...

 

En 1895, une magnifique jeune femme répondant au nom de Seki vit dans un village japonais en pleine montagne. Mariée à un conducteur de pousse-pousse, elle est insatisfaite sexuellement. Lorsqu'elle rencontre un jeune homme revenu du service militaire, elle décide de supprimer son encombrant mari...

 

 

 

Le Tambour, Volker Schlöndorff, 1979

 

C'est seulement à la fin des années 1970 que l'écrivain Günter Grass accepte que son roman Le Tambour, publié en 1959, soit adapté au cinéma. La démarche du réalisateur Volker Schlöndorff l'a convaincu, tout comme son travail sur le scénario avec Franz Seitz et Jean-Claude Carrière. Pour l'affiche, Topor signe une représentation qui évoque les objets animés de Téléchat, le corps féminin en plus.

 

À la fin des années 1920, dans la région de Dantzig, Oskar, refusant le monde cruel et surfait des adultes, décide à l'âge de trois ans de ne plus grandir.

 

 

 

Les Fruits de la passion, Shūji Terayama, 1981

 

L'affiche des Fruits de la passion propose une variation intéressante de celle de L'Ibis rouge, plus charnelle et plus perverse. Les Fruits de la passion est une adaptation du roman érotique Retour à Roissy de Pauline Réage, la suite d'Histoire d'O.

 

La Chine en 1929. O est placée par Sir Stephen dans une maison close ou elle subit les pires sévices sexuels. Lors de la révolte des étrangers, un adolescent s'éprend d'O et la protège...

 

 

 

Boat People - Passeport pour l'enfer, Ann Hui, 1982

 

Pour cette affiche, Roland Topor réutilise une de ses illustrations les plus célèbres, celle qu'il avait confiée à Amnesty International en 1976 pour une campagne de défense de la liberté d'expression. Le « coup de marteau » remonte à 1966, mais Topor n'hésitait pas à utiliser à plusieurs reprises ses dessins, dans des contextes parfois différents.

 

Trois années après avoir photographié la fin de la guerre, le journaliste japonais Shiomi Akutagawa revient au Viêt Nam pour reporter la situation actuelle du pays, les mesures prises par le gouvernement comme les mises en place de Zones Économiques Nouvelles. Accompagné par deux responsables des affaires culturelles, Le et Vu, il se met à douter de la spontanéité des scènes dont il est témoin dans une de ces ZEN. Il décide alors de s'en éloigner seul et fait la rencontre d'une adolescente de 14 ans, Cam Nuong.