Les mille facettes de Virginia Woolf à la National Portrait Gallery

Louis Mallié - 10.07.2014

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Virginia Woolf - National Portrait Gallery - Londres


Aujourd'hui et jusqu'au 26 octobre s'ouvre à la National Portrait Gallery de Londres l'exposition  « Virginia Woolf, Art, Life and Vision ». Occasion de se replonger dans la richesse de la personnalité de l'écrivain, l'évènement entend lier portraits et éléments biographiques - et au-delà, proposer une célébration de l'auteure, « pour la richesse de son imagination, et la puissance de la manière dont elle utilise les mots. »

 

 

 

D'après Frances Spalding, conservatrice, l'exposition réconcilie Woolf avec la National Portrait Gallery : en effet, son père l'y emmenait jadis, mais la jeune fille était alors dégoûtée de ne voir accrochés aux murs que des représentations masculines... Aurait-elle pensé un jour y être elle-même exposée ?

 

Née en 1881 et morte en 1941, Virginia Woolf est célèbre pour ses livres Mrs Dalloway, La promenade au phare, son Journal d'un écrivain, ou encore son activité de féministe engagée. En tant que femme de lettres, elle forma, aux côtés de son époux, Léonard Woolf, le noyau du Bloomsbury Group. En tant qu'artiste elle a, selon les mots de l'écrivain Edward Morgan Foster, rapproché la langue anglaise « un peu plus contre les ténèbres. »

 

Selon Frances Spalding, l'exposition s'attache donc à souligner l'incroyable diversité de l'auteure, à travers plus de 140 éléments inhérents à sa vie. On découvre aussi bien des peintures de Woolf, de sa famille et de ses amis, que de nombreuses photographies prises de son vivant, ainsi que d'autres éléments d'archives plus rares. Parmi eux,  la canne trouvée dans la rivière par son mari le jour où elle fut portée disparue, ou encore  deux lettres laissées par l'écrivain juste avant son suicide.

 

Prêtées par la British Library, elles expriment toute la détresse de l'esprit qui avait décidé de se jeter à l'eau, les poches remplies de pierre... « Je sens que je suis allée trop loin cette fois-ci pour revenir en arrière », écrivait-elle à sa sœur Vanessa Bell. « Je suis certaine que je redeviens folle. C'est comme la première fois. J'entends toujours des voix et je sais cette fois que je ne m'en remettrai pas. »

 

Les visiteurs pourront donc dorénavant découvrir qu'il était loin de n'y avoir « qu'une seule Woolf », indique le conservateur... Et ceci, non sans l'espoir de pousser plus d'un à découvrir ou redécouvrir l'auteure : « Dès lors que vous la lisez votre esprit s'élargit, change, et se forment alors des idées que nous aviez jamais eues auparavant. Si vous en doutez, allez lire les 12 premières pages de Mrs Dalloway, et vous comprendrez de quoi je parle. »