Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Les Petits Champions de la lecture font salle comble à la Comédie française

Fred Ricou - 30.06.2017

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Petits Champions de la lecture - Comédie française lecture - lecture SNE


Mercredi en début d’après-midi avait lieu la cinquième édition de la finale des Petits Champions de la lecture. Concours organisé par le Syndicat national de l’Édition, les 14 enfants des 14 régions de France se sont donné rendez-vous à la Comédie française et ont eu chacun trois minutes pour convaincre le jury parrainé comme l’an dernier par la comédienne Dominique Blanc et l’auteur Timothée de Fombelle. 

 


À la Comédie française, lors des Petits champions de la lecture

 

Le théâtre de la Comédie française était plein. Molière aurait été fier de ces 14 jeunes lecteurs à voix haute. Tous ont défilé au fur et à mesure pour lire trois minutes d’un livre qu’ils avaient choisi dans une liste imposée. Beaucoup avaient privilégié des textes à sensibilité humoristique et le talent a fait le reste. Comme chaque année, c’est Christophe Barbier qui a animé la cérémonie. L’homme aime le théâtre, l’homme aime la scène, un peu trop peut-être… à la limite du cabotinage ! 

 

Par ordre alphabétique, tous sont passés face à un public composé d’amis et de famille sur cette magnifique scène qui a vu défiler tant de grands noms du théâtre français. Tous représentatifs de leurs régions, ils ont lu avec passion et souvent l’accent qui leur est propre. Sur les 14 lecteurs, trois sont sortis du lot et assez facilement selon le jury : Théotime (Pays-de-Loire) est arrivé troisième, avec Nos cœurs tordus de Séverine Vidal et Manu Causse (Éd. Bayard) ; Sélim (Ile-de-France) lisait L’auberge entre les mondes de Jean-Luc Marcastel (Flammarion jeunesse) et est arrivé second et c’est Clara qui remporte le vote, presque unanime, du jury pour gagner la première place. 

 

C’est certainement cette petite pointe d’accent d’Occitanie qui a permis à Clara, jeune élève de CM2, de réussir à charmer le jury avec le très drôle, Comment se débarrasser d’un vampire avec du ketchup, des gousses d’ail et un peu d’imagination, de Jean-Marcel Erre (Éditions Rageot). C’est peut-être aussi parce qu’elle pratique la danse classique et des concours que la jeune fille était à son aise sur la scène : « Je voulais un passage rigolo. On a cherché à faire rire le public et apparemment, ça a marché… » 

 

Timothée de Fombelle explique le choix qui a fait pencher le jury : « L’accent [de Clara] a déstabilisé la salle et le jury s’est fragilisé à ce moment-là […] Il y avait un débat dans le jury entre Sélim et Clara, la démocratie a finalement parlé et a fait un vote, mais la lecture de Sélim, plus sobre, plus proche de la lecture que du théâtre, avait aussi beaucoup touché le jury. Éric Ruf, administrateur général de la Comédie-Française, a dit à un moment qu’elle avait quelque chose dans le dépassement, elle allait un peu trop loin de temps en temps, ce qui faisait du bien par rapport à d’autres interprétations plus maîtrisées. » 

 

De passage en voisine, à la fin du concours, François Nyssen, la nouvelle ministre de la Culture était présente et à fait un petit discours improvisé aux enfants présents. « Grâce à vous et à tout l’écosystème des auteurs, des éditeurs, la Comédie française, vous avez plongé dans ces livres — c’est une autre vie, c’est la rencontre avec l’autre — et en plus vous les avez dits à voix haute, et vous avez donné encore envie à d’autre de les lire. Je suis aussi ministre de la lecture et donc, des enfants par la lecture. Mon rêve c’est que la lecture soit partout depuis que vous commencez l’école tout petit, parce que c’est la plus merveilleuse façon de grandir et surtout d’être dans le désir d’apprendre plein de choses… »