Les Rencontres de la Traduction du Salon du Livre de Paris encore annulées

Antoine Oury - 17.03.2015

Culture, Arts et Lettres - Salons - Rencontres de la traduction - Salon du Livre de Paris 2015 - ATLAS ATLF entrée payante


Pour la deuxième année consécutive, le Salon du Livre de Paris annule ses Rencontres de la Traduction, vraisemblablement par manque de participants. Le Salon avait choisi de maintenir un tarif d'entrée à 90 € pour ces rencontres professionnelles, auxquelles l'Association des traducteurs littéraires de France et l'Association pour la promotion de la traduction littéraire ne participaient pas.

 
 
Salon du Livre de Paris 2014
Le Salon du Livre de Paris, en 2014 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 
 

Les médias évoquent avec plaisir les absences d'éditeurs au Salon du Livre de Paris, mais les relations avec les autres métiers du livre sont tout aussi difficiles. Quelques semaines après l'annulation de BibliDoc, la session de rencontres professionnelles pour les bibliothécaires, à cause d'un tarif d'entrée prohibitif, rebelote pour les Rencontres de la Traduction.

 

D'abord organisées avec le concours des associations professionnelles pendant trois années consécutives, les Rencontres ont été réformées en 2014, avec l'instauration d'un tarif d'entrée. L'Association des traducteurs littéraires de France (ATLF) et la Société française des traducteurs (SFT) avaient rapidement annoncé le boycott de ces rencontres. « Comment expliquer au Conseil d'administration de l'ATLF, qu'il allait falloir payer pour assister à ces deux journées, alors même que l'ATLF les organise ? » soulignait alors Laurence Kiefé, présidente de l'ATLF.

 

Un an plus tard, aucun accord n'a été trouvé, et c'est sur le stand du CNL que l'ATLF et l'ATLAS avaient organisé leur propre rendez-vous, parallèlement aux Rencontres de la Traduction. Ces dernières ont été annulées, d'après des informations obtenues par ActuaLitté.

 

« Le principe de débats payants est peut-être dans les mœurs pour des congrès de professions libérales à très hauts revenus. Pour les traducteurs littéraires, l'une des professions les plus précaires du monde de l'édition, cela n'a pas de sens, et le tarif de cette année, je l'ai dit dès le début, était totalement exorbitant : si l'on avait voulu tuer cette manifestation dans l'œuf, on ne s'y serait pas pris autrement », explique Olivier Mannoni, directeur de l'École de Traduction Littéraire CNL/Asfored et organisateur des premières Rencontres de la Traduction, interrogé par ActuaLitté.

 

L'auteur et traducteur Claro en avait rajouté une couche sur son blog, Le Clavier Cannibale : « On peut très bien comprendre que des rencontres soient payantes, mais 90 euros, comment dire ? Pourquoi pas 99 euros ? Les locaux mis à la disposition par Reed Expositions seraient-ils lambrissés d'acajou et sertis d'or pur ? Plus sérieusement, comment se fait-il qu'une manifestation, organisée en partie par le Syndicat national de l'édition, puisse être évaluée à un tel prix ? »

 

Contacté par ActuaLitté, le Salon du Livre n'a encore apporté de précisions ni même confirmé l'annulation des Rencontres. Cependant, selon certaines sources, le nombre d'inscrit pour ces Rencontres était particulièrement faible.

 

Le corps professionnel des traducteurs, tout comme celui des bibliothécaires, espère que ces annulations pourront permettre de renouer le dialogue avec les organisateurs du Salon. « Je souhaite bien évidemment que, l'année prochaine, nous trouvions enfin un accord satisfaisant pour organiser en toute sérénité cette manifestation qui, les trois premières années, a rencontré un franc succès », souligne Laurence Kiefé, présidente de l'ATLF.

 

Des débats et tables rondes seront tout de même organisés sur le stand Place des Auteurs, avec la présence de l'ATLF et de l'ATLAS. Par ailleurs, l'École de Traduction Littéraire sera présente le lundi 23 mars.

 

MàJ 18/03 09:27 :

 

Le Salon a tenu à nous faire parvenir un communiqué, précisant « La traduction a toute sa place au Salon ». Ce communiqué explique qu'un partenariat a été mis en place avec le Syndicat national des traducteurs professionnels (aka Société française des traducteurs, SFT) pour accueillir leur Matinale professionnelle. Une salle leur est gratuitement proposée par le Salon.