Les Squares de Livre Paris : ces salons à l'intérieur du salon

Nicolas Gary - 20.03.2016

Culture, Arts et Lettres - Salons - Livre Paris 2016 - Squares Livre Paris - Salon du livre Paris


Les Squares sont ces espaces thématiques que le salon de Paris a inauguré voilà quelques années. Des lieux dédiés, dont les sujets ne varient plus trop. Jeunesse, Culinaire et Savoir et Connaissances sont les piliers, et l’éphémère Tourisme, aux voyages et aux récits d’aventures de 2015 a cédé sa place à Religion, culture et société. Alors que la Porte de Versailles ferme ses portes, voici un premier bilan. 

 

Livre Paris 2016

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Les Squares Culinaire, Savoir et Connaissances ainsi que Jeunesse était cette année pris en charge par la librairie de Montreuil, Folies d’encre. Deux autres espaces, sous la forme de stands multiéditeur étaient également sous sa responsabilité : celui de France Télévisions et le collectif d’éditeurs de livres audio. La dirigeante, Amanda Spiegel, nous raconte cette première aventure Porte de Versailles.

 

« Ce fut assez plaisant, avec beaucoup de travail en amont, mais les équipes de Reed m’ont vraiment soutenue et aidée pour y parvenir », précise-t-elle, enthousiaste. « Les discussions seront ouvertes, pour perfectionner ces espaces l’an prochain, si Reed décide de poursuivre ces emplacements thématiques, et continue avec nous. »

 

Les chiffres de ventes ne seront cependant « pas forcément à la hauteur de ce qui a été fait l’an passé – alors qu’il y avait déjà une baisse enregistrée ». Sur le stand Savoir et Connaissances, on n'hésite pas, ainsi, à qualifier les journées de jeudi et vendredi de « catastrophiques ». Plusieurs éléments l’expliquent : le changement de localisation influe toutefois énormément. « Pour que tout progresse, il faudra échanger entre éditeurs, libraires et Reed : ces espaces spécifiques sont des lieux très précieux pour le public. »

 

 

Livre Paris 2016

ActuaLitté CC BY SA 2.0

 

 

Et d’insister sur la grande qualité de la programmation. « Sur Savoir, nous avons abordé des sujets très pointus et/ou de société. Culinaire proposait des dégustations, avec des gens de la télévision aussi bien que des grands chefs. Et sur Jeunesse, il y avait de la musique, des clowns, des concours, de quoi devenir un véritable rendez-vous pour le jeune public. » Alors que le Salon avait perdu une partie de son attrait pour ces visiteurs. « Pas besoin de déambuler dans tout l’espace : ces endroits permettent la rencontre, pour les visiteurs, avec les thématiques qui les intéressent. »

 

Travailler de concert entre libraires et éditeurs

 

L’autre atout réside dans le travail global de l’interprofession. « Pour chacun, c’est valorisant. Sur Savoir, la présence des éditeurs FLE a vraiment dynamisé : ils étaient volontaires et très présents, et on ne les remerciera pas assez pour cela. De même, on ne peut pas demander aux libraires d’être des spécialistes de l’archéologie : la présence des éditeurs devient essentielle. »

 

Tout aussi essentielle, donc, que les libraires repartent avec une expérience nouvelle, un autre regard sur les livres. « C’est loin d’être négligeable pour nous. Tout ce que l’on apprend au Salon, on le réutilisera en librairie. »

 

Pour les Squares, travailler le référencement des éditeurs sera primordial pour l’avenir. « Il importe avant tout de vanter leurs atouts auprès des maisons. En généralisant le référencement sur ces espaces, on produit une offre plus importante, sans perdre les visiteurs. Un lecteur peut se diriger directement sur Culinaire, plutôt que de chercher le stand d’un éditeur spécifique. »

 

Pour la Jeunesse, Amanda Spiegel travaillait en partenariat avec le réseau national de librairies Initiales. « Il y a plein de choses à construire, et c’est très excitant. Évidemment, Culinaire reste le plus rentable, parce qu’il est plus simple de s’approprier les lieux et les animations. Manger, et découvrir, c’est toujours un plaisir. Reste alors Savoir, qu’il importe de rendre plus convivial et attrayant, afin d’attirer plus de public. » 

 

Livre Paris 2016

Amanda Spiegel - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Pour ce faire, les emplacements, et les stands alentours seront certainement à réviser. « Ce n’est pas une question d’assortiment ni d’équipe ni de programmation, cette dernière était vraiment fantastique. Quant aux équipes de Reed, elles ont été fantastiques de réactivité et d’aide. »

 

Les Squares sont pourvus en fonction des éditeurs, qui y achètent de microstands, et soumettent leurs propositions de commandes à la librairie. Impossible de commander des titres d’une maison qui ne serait pas référencée. « Pour cette raison, il faut inciter les éditeurs à y prendre part. Ça leur paraît plus compliqué que ce n’est en fait. Si l’on injecte plus de cohésion, on travaillera mieux. Mais bien sûr, personne ne sait ce que le salon sera l’an prochain. »

 

Quant aux deux autres espaces, ils offrent une tout autre dimension. « Le stand livre audio réunissait les éditeurs qui se sont rassemblés, au sein du SNE, et ont pris la décision de se retrouver au Salon. Ce sont des stands de différentes maisons, chacune avec son espace, et une bibliothèque commune où ils peuvent présenter quelques titres. J’apprécie énormément que des maisons décident de défendre de la sorte des intérêts communs. L’initiative est excellente pour tous. »

 

Du côté de France Télévisions, l’offre tourne autour du service public. « Les visiteurs doivent retrouver des publications liées aux émissions de télévision, mais également de journalistes de FT, qui sont présents pour des dédicaces. » Il y avait par ailleurs la liste des romans retenus pour le prix France Télévisions. « Ici, nous allons à la rencontre d’un public qui n’est pas spécialement celui de la librairie indépendante. » Une ouverture nécessairement bienvenue.

 

Selon nos informations, le Square Culinaire aurait réalisé autour de 50.000 € l'année passée, et Savoir et Connaissances autour de 11.000 €. Nous y reviendrons.

 

Le nouveau venu de 2016 : d'une ouverture à l'autre

 

La nouveauté, le Square Religion, culture et société, était pour sa part animé par la librairie La Procure. Son directeur général, François Maillot, loue une initiative « qui s’imposait, pour donner plus de visibilité à ces domaines éditoriaux ». Comme chacun a pu le constater, les deux premières journées, de jeudi et vendredi, ont été assez molles, mais samedi fut plutôt bonne et dimanche arrivait chargé de promesses. La Procure, chaîne de librairies religieuses implantées partout en France, s’imposait comme un partenaire évident pour harmoniser la ligne du Square. 

 

Livre Paris 2016

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

« C’est très encourageant, cette initiative, et elle a de toute manière apporté beaucoup de satisfaction. Nous avions un très bel espace, et pour une première au Salon de Paris, je pense que nous en sortons avec un grand plaisir. » Comme on peut s’y attendre « en termes d’emplacements et d’animations... eh bien c’était un coup d’essai, et on trouvera sans peine de quoi l’améliorer. Toutefois, il était primordial que l’on ouvre un espace, avant tout consacré au dialogue entre les personnes et les cultures. »

 

Et de conclure : « En choisissant ce nom de Religion, culture et société, les éditeurs ne s’y sont pas trompés : c'est bien l'ouverture aux autres qu'ils ont choisie. »