Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Les toiles de Tahar Ben Jelloun exposées à l'Institut du Monde arabe

Antoine Oury - 19.09.2017

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Tahar Ben Jelloun peintre - Tahar Ben Jelloun peintures - Tahar Ben Jelloun IMA


Prix Goncourt en 1987 pour La Nuit sacrée, Tahar Ben Jelloun est l'un des écrivains marocains les plus lus au monde. Mais il est également peintre, avant même d'avoir écrit, en réalité. C'est cette facette de l'artiste que l'Institut du Monde arabe exposera à partir du 10 octobre 2017 et jusqu'au 7 janvier 2018.


Tahar Ben Jelloun, Sans titre, acrylique sur toile, © Francesca Mantovani


Du 10 octobre 2017 au 7 janvier 2018, l’Institut du monde arabe donne carte blanche à Tahar Ben Jelloun. Célèbre écrivain marocain, Tahar Ben Jelloun a obtenu le prix Goncourt en 1987, l’année de l’inauguration de l’IMA. C’est pourtant une autre facette de l’artiste qui sera mise en lumière dans ce lieu qui lui est cher, celle du peintre.

Exposées pour la première fois dans une institution française, les toiles de Tahar Ben Jelloun sont présentées dans un dialogue avec les œuvres de ses maîtres et avec ses propres manuscrits pour mieux dévoiler les échos et hiatus entre peinture et écriture.

Tahar Ben Jelloun a beaucoup regardé les peintres. De cette observation admirative, il a tiré de nombreux ouvrages sous forme de lettres adressées à Matisse et à Delacroix, de « visite fantôme » de l’atelier d’Alberto Giacometti et d’autres essais où se croisent également les maîtres marocains que sont Belkahia, Gharbaoui ou Chaïbia. Les peintres habitent son écriture. Une écriture qui n’exclut pas les « gribouillages » comme il les appelle. Car, il l’avoue : « J’ai dessiné et même peint avant d’avoir appris à écrire. » Il faut pourtant attendre 2013 pour que le peintre Tahar Ben Jelloun se prenne au sérieux et se confronte à la toile blanche.

Exposé depuis à Rome, Turin, Palerme, Marrakech, Tanger et à Paris à la Galerie du Passage, il connaît à l’Institut du monde arabe sa première exposition monographique dans une institution publique. Confrontées à ses manuscrits et aux œuvres de ses maîtres, les toiles colorées et instinctives de Tahar Ben Jelloun laissent transparaître la joie d’être au monde quand son écriture, elle, dénonce sa douleur.

<

>



« Ces toiles rappellent le pays natal, le pays intérieur, celui de mon imaginaire fait de voyages, de rencontres et d’étonnements. C’est le rythme de ma respiration, de ma liberté entêtée et du désir d’aller habiter une prairie qui change de couleur et de lumière, pensant malgré tout que l’art sauvera le monde », explique Tahar Ben Jelloun.
 

Bibliothèques d’Orient, une plateforme pour valoriser le patrimoine oriental


Tahar Ben Jelloun est né à Fès au Maroc en 1944. Il s’installe à Paris dès 1971, publie ses poèmes chez Maspero et voit son premier roman, Harrouda, édité par Maurice Nadeau aux Editions Denoël en 1973. Poète et romancier, il est notamment l’auteur de L’Enfant et le sable et de sa suite, La Nuit sacrée, récompensée par le prix Goncourt en 1987, ainsi que de Partir, Le Bonheur conjugal, L’Ablation et Le Mariage de plaisir.

En parallèle de son exposition, Tahar Ben Jelloun proposera un week-end de rencontres avec Jean-Claude Carrière et Bernard Pivot :
 
  • Samedi 21 octobre 2017 à 19h : Dialogue avec Jean-Claude Carrière, suivi de la projection de L’Ange exterminateur de Luis Buñuel
  • Dimanche 22 octobre 2017 à 16h : Dialogue avec Bernard Pivot