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Les vers les plus verts : le poème qui purifie l'air

Antoine Oury - 15.05.2014

Culture, Arts et Lettres - Expositions - In Praise of Air - Simon Armitage - poème filtrant


Le poète aime rendre hommage aux éléments naturels, source d'inspiration privilégiée. Mais participer à leur sauvegarde à la force de la plume, c'est encore mieux. In Praise of Air, un texte de Simon Armitage, a été imprimé sur une toile de 10x20 mètres, suspendu sur une façade de l'université de Sheffield. La matière particulière de l'affiche, à base de particules de dioxyde de titanium, a la particularité de purifier l'air.

 

 


L'accrochage s'est fait il y a peu, et le fond de l'air serait un plus pur depuis. L'université de Sheffield a mis au point ce panneau antipollution, et assure qu'il est capable d'absorber les dégagements nocifs de près de vingt véhicules par jour. Une goutte d'eau, diront certains, mais contre le réchauffement climatique, tout vent de fraîcheur est bon à prendre...

 

Simon Armitage explique avoir « apprécié le travail avec des scientifiques et la science, en essayant de tisser le message avec les mots, pour faire collaborer le concept et la manifestation physique de ce travail ». Le poète britannique est un amoureux des voyages et de la nature : début 2013, il entamait un grand voyage à travers le pays, en ne comptant que sur la générosité des personnes qu'il croiserait. Visiblement, l'expérience lui a donné envie de préserver la planète.

 

On rapprochera sans peine cette initiative du Drinkable Book, qui propose pour chacune de ses pages, un filtre traité au nano-argent, permettant de filtrer les maladies contenues dans l'eau, et de donner accès à l'eau potable.

 

« La poésie se manifeste souvent dans l'intime, le personnel... C'est donc étonnant de penser à un tel affichage, avec le texte écrit en gros, sur une façade », ajoute-t-il. L'oxygène et l'énergie solaire sont utilisés par les particules de l'affiche, qui absorbent les oxydes d'azote. Généraliser ce système aux publicités permettrait d'améliorer légèrement la qualité de l'air, pour un peu moins de 100 £ supplémentaires par affichage...

 

Quant au poème, le voici :

In Praise of Air


I write in praise of air. I was six or five
when a conjurer opened my knotted fist
and I held in my palm the whole of the sky.
I've carried it with me ever since.

 

Let air be a major god, its being
and touch, its breast-milk always tilted
to the lips. Both dragonfly and Boeing
dangle in its see-through nothingness…

 

Among the jumbled bric-a-brac I keep
a padlocked treasure-chest of empty space,
and on days when thoughts are fuddled with smog
or civilization crosses the street

 

with a white handkerchief over its mouth
and cars blow kisses to our lips from theirs
I turn the key, throw back the lid, breathe deep.
My first word, everyone's first word, was air.

(via The Guardian)