Les voeux du SNE à l'industrie du livre : Je vous embrasse

Clément Solym - 21.01.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - voeux - SNE - industrie


Le gratin de l'édition était hier soir réuni au 115 boulevard Saint-Germain. Pour ceux qui l'ignorent (rien de bien méchant), c'est là que siège le Syndicat national de l'édition.

Pour ceux qui l'ont ratée - la soirée -, elle fut l'occasion d'un petit bilan des accords, petites victoires, grandes batailles qu'aura connu 2009. Mais aussi de ce que 2010 réserve.

Google books

Serge Eyrolles, le président, estima d'entrée de jeu que 2010 a commencé... le 18 décembre, avec la victoire contre Google, dans « un procès emblématique ». Si Google peut toujours faire appel de la décision, reste que le temps qu'il soit mis en place, le SNE espère pouvoir « discuter avec eux pour qu'ils arrêtent la numérisation ». L'ambiance est tout de même à la réflexion : « C'est un projet ambitieux et compliqué. Il faut que l'on essaye de les comprendre... »

Délais de paiment

L'autre grand point, ce sont les délais de paiement, face auquel les instances « ont compris que le livre est un produit culturel exceptionnel et que l'on ne peut pas le brader comme les autres ». Un projet chèrement défendu et porté par Hervé Gaymard, et qui aura été validé par le Sénat récemment : l'industrie du livre est exemptée de LME, et n'aura pas à raccourcir les délais de paiement, pour le bonheur de tous...

Le numérique

Ensuite, le numérique... Ah, le numérique... « On nous assomme... non, pardon... Nous sommes envahis par les rapports », se reprend Serge Eyrolles. Mais le numérique aura bel et bien été le noeud de 2009. Et les perspectives de 2010, ainsi que le ministre de la Culture le lui confirmait hier matin, seront bien de protéger et défendre le livre. Avec une TVA réduite, entre autres, parce que « notre modèle économique ne colle pas avec une TVA à 19,6 % sur les ebooks ». L'occasion d'un « bon lobbying », ajoute-t-il, auprès de l'Europe, pour que tout cela passe bien. Après tout, le livre papier ou numérique est bien homothétique (n'est-ce pas François ?). « Quant à la valeur ajoutée, nous y viendrons », termine mystérieusement Serge Eyrolles.

La galette et Gallica 2

Avant de parler de Gallica, précisons que Nicolas Ramirez, présent hier soir, n'aura pas eu la fève qu'il escomptait dans les multiples parts de galette qu'il aura englouties...


Bien, Gallica 2, « dont le nom ne restera probablement pas » (conformément aux préconisation du rapport Tessier), l'outil dont tout le monde a pris conscience des enjeux qu'il drainait, seule chose importante et que... euh, pardon, c'est le moment où j'ai pris des photos floues, difficiles de relire mes notes.

L'Éducation nationale

Passons donc plutôt à l'Éducation nationale et sa relation au SNE. Nécessite impérative, s'assurer d'une bonne réaction par rapport aux enfants et au numérique, et trouver des solutions intelligentes pour valoriser les manuels scolaires « très performants » que propose l'édition. L'idéal serait d'ailleurs de trouver un interlocuteur au ministère qui soit à la hauteur du sujet, afin de mener une vraie politique pour ces ouvrages, avant tout pour promouvoir la lecture. « Si l'on n'a pas envie de lire à l'école, on n'aura jamais envie de lire », tonne Serge.

La Salon du livre de Paris

Autre joyeuseté, le Salon du livre (qui aura bien lieu). Ben, là, pour le coup, 2010 et sa préparation auront été mouvementés... Mais ça fait du bien de se retrouver ensemble, et de ne plus avoir d'invité d'honneur « qui posait des problèmes dans notre organisation ». Reste que le Salon de Paris est un sujet important pour la profession et que l'édition 2011... on se pose des questions. Beaucoup. Très beaucoup de questions, même. Comme le rappelait Frédéric Mitterrand, le livre est le premier secteur culturel en France, qui aura passé l'année 2009 en résistant à la crise, en ayant vécu « des moments importants », et surtout bien affronté la période.

Le bisou

Si le président du SNE s'offrit le luxe d'une boutade en début de discours, estimant que non, le SNE n'a pas fait d'erreur durant l'année, il termina sur une note d'humour, préférant, au lieu des traditionnels voeux que l'on présente, déclarer à l'assistance : « Je vous embrasse. »

OK.

Mais pas avec la langue, Serge...