Liberté d'expression : des écrivains regroupés en soutien à The Interview

Clément Solym - 24.12.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Paulo Coelho - Salman Rushdie - pétition PEN auteurs


Dans la lignée de Paulo Coelho, un groupe de plusieurs romanciers, parmi lesquels Salman Rushdie, Neil Gaiman ou Tony Kushner, a signé une pétition pour réclamer la diffusion du film The Interview. Cette comédie fait l'objet d'une vive polémique, alors que Sony a décidé d'annuler sa diffusion sur les écrans de cinéma. Coelho, dans un premier temps, avait proposé de le diffuser sur son blog, puis sur les réseaux Torrent.

 

 

 

 

Sony, attaqué par un groupe de cyberpirates prétendument d'origine nord-coréenne, a préféré jouer la carte de la diplomatie. Pour éviter de voir les menaces terroristes mises en application, les studios décidaient alors de ne pas diffuser le film – une comédie qui met en scène l'assassinat du dictateur Kim Jong-un, opéré par des journalistes américains qui travaillent pour la CIA. 

 

Une pétition portant sur la diffusion libre du film est intervenue, dénonçant l'autocensure pratiquée par Sony, comme « un coup durable », porté contre la liberté d'expression. Sauf que les menaces proférées par les pirates avaient l'air bien réelles, et que l'on pouvait légitimement craindre pour les spectateurs du film, qui auraient fait l'objet d'attentats directement dans les salles. 

 

La pétition est partie du PEN, le centre international de soutien aux auteurs, et organisation littéraire et promouvant les droits de l'homme. Il souhaite ainsi « lutter pour le droit à une création libre, où qu'elle se trouve ». 

L'attaque contre Sony Pictures est une attaque contre la communauté créatrice la plus vaste, une réponse qui doit être unie et résolue. LE PEN serait très heureux d'organiser une diffusion publique sur les écrans de The Interview, à Wahsington ou New York, avec les précautions de sécurité qui seraient adaptatées. C'est une véritable offre et nous espérons que vous nous prendrez au sérieux.

De leur côté, plusieurs membres du Congrès, ainsi que le romancier George RR Martin, ont proposé d'opérer des projections publiques dans des salles de cinéma. « Que l'intervention d'un gouvernement étranger qui se moque de la liberté intellectuelle puisse déterminer ce que le public américain peut voir, et ce que les artistes américains peuvent produire est choquant. Cela nous place tous sous l'emprise d'un intégrisme et d'une intolérance armée », poursuit le courrier-pétition du PEN, que 43 écrivains ont signé.

 

 

 

« Si notre propre gouvernement garantit la liberté d'expression, mais que d'autres peuvent miner cette liberté sur notre propre territoire, notre Constitution est en danger : les libertés civiles des Américains ne sont garanties que tant que personne ne s'oppose à eux. » La décision de retirer le film des écrans, alors qu'il devait être présenté au public le 25 décembre, a porté préjudice à Sony : autrement dit, les hackers ont réussi leur coup. Céder à la menace envoie un message négatif aux écrivains, auteurs, artistes, éditeurs, studios de production, considérant que « les sujets controversés doivent être évités et que notre liberté d'expression sur notre propre sol dépend des caprices d'extrémistes violents situés à l'étranger ».

 

Depuis quelques jours, le studio semble avoir mis de l'eau dans son vin, et réfléchissait à une diffusion sur le Web, probablement en streaming. Mais aux dernières nouvelles, la diffusion de L'interview qui tue sera finalement reprogrammée dans les salles de cinéma américaines, en dépit de la menace pirate. Le jour de Noël, donc ce 25 décembre, le film sera présent dans certaines salles, une décision immédiatement saluée par le président Obama, pour qui céder au chantage était la pire des erreurs.