Lire en Poche 2017 a accueilli près de 25 000 visiteurs, avec le sourire

Clément Solym - 09.10.2017

Culture, Arts et Lettres - Salons - gradignan lire poche - Harlan Coben festival - sécurité public visiteurs


Au terme de trois jours de rencontres autour du Théâtre des Quatre saisons et de la médiathèque, le salon Lire en Poche prend fin. L’année 2017 fut une édition très riche, et les organisateurs en tirent pour l’heure un premier bilan positif, « voire très positif ». Mais dans le même temps, la manifestation doit appréhender l’avenir, pour éviter de devoir se sentir à l’étroit.


Harlan Coben
Harlan Coben – ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

Du fait des mesures de sécurité qui ont dû être installées en urgence, après les attentats de Marseille, le salon de Gradignan a bénéficié d’une comptabilisation plus resserrée de ses visiteurs. « Grâce au portique de détection de métal, nous avons pu confronter les chiffres de comptages manuels, et nous parvenons à près de 25.000 personnes », assure Lionel Destremau, directeur de la manifestation.
 

Un engagement du public qui confirme la montée en puissance de ces dernières années, où la fréquentation était estimée à 22.000 personnes. « Cette année, nous avons vu un public plus nombreux venir à la rencontre des auteurs — et tout particulièrement Gaël Faye et Harlan Coben », poursuit le directeur.
 

Certes, pour Harlan Coben, la file d’attente pour les dédicaces était longue, mais lors de la rencontre dans la salle du théâtre, les lecteurs étaient plus concentrés. Quand, en revanche, Gaël Faye a réalisé sa lecture musicale, « nous avons constaté que la salle était définitivement trop petite », note Lionel Destremau. Avec 400 places assises officiellement, la lecture de Gaël Faye a largement débordé la contenance de la salle. « Tout s’est très bien passé, mais il nous faut prendre en compte maintenant que nous avons dépassé un seuil dans l’accueil du public. »
 

Lire en Poche n’aura peut-être pas le plaisir d’accueillir chaque année une programmation aussi en écho avec les tendances du moment – ou, si c’est le cas, « nous devons réfléchir à des moyens de pouvoir proposer à un plus grand nombre de visiteurs d’assister à ces moments ».


Gaël Faye
Gaël Faye – ActuaLitté CC BY SA 2.0

 

Un système de retransmission en direct pourrait pallier le problème, sans le résoudre toutefois. « En un sens, tout cela est extrêmement positif, et nous nous en réjouissons. L’attractivité n’est pas une donnée maîtrisable et tout organisateur de salon ne peut que s’en réjouir. »
 

La sécurité de chacun, à renforcer
 

L’autre enjeu sera bien évidemment celui de la sécurité, ouvertement évoqué par le président du Centre national du livre, Vincent Monadé. À ActuaLitté, ce dernier expliquait être en train de travailler, avec le ministère de la Culture, à la constitution d’un fonds d’urgence, pour soutenir les manifestations littéraires – sur le modèle du fonds créé pour le spectacle vivant.
 

Un fonds d'urgence pour financer la sécurité des festivals littéraires (CNL)

 

« Pour le salon jeunesse de Montreuil, le coût est de 80 000 €, pareil pour Brives. À Nancy, on monte à 85 000 € et pour Angoulême, l’année qui a suivi immédiatement les attentats, 90 000 €. Autant de montants qui viennent grever les budgets, et s’opèrent au détriment de l’animation littéraire », affirmait-il.


Lire en poche 2017
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

Pour le directeur de Lire en Poche, « les problèmes de sécurité nous reviendront chaque année, désormais : plus jamais nous ne retrouverons la sérénité passée – du moins, pas avant des années. Cela implique que nous devrons composer avec la présence de patrouille militaire, d’une recrudescence d’agents de sécurité et de contraintes à l’accueil, de fouilles, pour le public ».

Autant d’éléments qui auront un coût, pour les manifestations. Il sera bienvenu alors que ce dernier soit pour partie pris en charge...


Lire en poche, le salon de Gradignan dédié aux petits formats