Livre audio : débat autour des éléments ajoutés au texte

Antoine Oury - 13.06.2014

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Prix Plume de Paon - Livre audio - éléments ajoutés


À l'occasion de la remise des Prix Plume de Paon aux meilleurs livres audio de l'année 2013, qui a vu la victoire de Anna Mouglalis pour sa lecture de Home de Toni Morrison (Plume d'or 2014), une interrogation a jailli du jury. Katharina von Bülow, membre du jury, a regretté l'absence de mise en scène dans la majorité de l'offre éditoriale.

 


Katharina von Bülow - Prix Plume de Paon

Katharina von Bülow - Prix Plume de Paon, au CNL

(ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

Le débat a touché les livres numériques dès leur création, et s'applique à présent au livre audio : dans leur transcription parlée, les textes des auteurs doivent-ils faire l'objet d'une mise en scène totalement inédite, avec ajout d'une bande originale ou d'effets sonores divers et variés ? Pour certains, il n'en est pas question : le texte, uniquement, et il se suffira à lui-même.

 

Katharina von Bülow, intervenante lors de la cérémonie des Prix Plume de Paon consacrés aux livres audio, a fait part de son avis, tranché : « Je déplore que, probablement pour des raisons économiques, la plupart des éditeurs aujourd'hui sont obligés de choisir uniquement les grands noms de la littérature, mais également renoncer à des mises en scène et des montages difficiles qu'ils ne peuvent pas payer », a-t-elle expliqué.

 

« Pour les premiers choix que nous avions faits, il y avait plus qu'une simple lecture » a encore commenté Katharina von Bülow. La question fait débat, et les réponses varient selon les politiques au sein des maisons d'édition : ainsi, Audiolib, filiale de Hachette Livre, concentre surtout ses moyens sur les acteurs et actrices, ainsi que la qualité d'enregistrement, plutôt que sur un environnement sonore. Malek Duchesne, qui enregistre des livres audio depuis plus de 7 ans, notamment pour Audiolib, nous l'avait expliqué.

 

Lire le reportage Livre audio : "L'objectif n'est pas de faire 'Compostelle dans ta voiture'"

 

À l'inverse, la maison d'édition Roadbook, récompensée hier pour Le Joueur d'Échec de Stefan Zweig, lu par Patrick Poivey, entend faire des textes de véritables « films sans images », avec l'objectif affiché de créer une oeuvre à part. Katharina von Bülow soulignait hier la popularité grandissante du support, mais s'étonnait qu'elle n'aille pas de mise avec plus de moyens accordés aux éléments supplémentaires apportés au texte.

 

« La consommation de la culture reste très sectorisée en France, et on ne pense pas à l'audio pour un texte », nous expliquait l'équipe de Roadbook en juillet 2013.