Livre Paris 2021 : les éditeurs italiens n'ont encore rien confirmé

Nicolas Gary - 08.03.2019

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L’édition 2019 de Livre Paris n’a pas débutée que déjà, certains voient très loin. Si l’on sait que l’Inde sera le pays à l’honneur pour 2020, l’édition 2021 fait rage. Et les informations fusent parfois un peu trop vite : avançant que l’Italie serait à l’honneur, le magazine Livres Hebdo en saurait une de plus que le diable...

Italia - London Book Fair 2015
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 
« Nous n’avons reçu aucune confirmation de la part de nos interlocuteurs italiens », assure Pierre Dutilleul, directeur général du Syndicat national de l’édition à ActuaLitté. Confirmant que l’Italie compte parmi les pays qui se sont vus formuler l’invitation, il ajoute : « Nos discussions se poursuivent avec d’autres pays, intéressés, mais à cette heure, les éditeurs d’Italie doivent encore évaluer et discuter de leur venue. »

En octobre 2018, l’industrie du livre du Bel paese a bien été sollicitée par le SNE, en vue de la manifestation Livre Paris. 

La rencontre entre le ministre des Biens culturels, Alberto Bonisoli, et son homologue français, Franck Riester, à Milan la semaine passée, aurait accéléré le choses. « Mais ce ne sont pas les pouvoirs politiques qui décident de ces invitations », nuance Pierre Dutilleul. « Bien entendu, le Syndicat travaille en bonne intelligence avec les différents ministères concernés. Et ce, pour s’assurer que l’invitation est réalisable. »

Comprendre : ne pose aucune difficulté politique. « C’est le cas avec l’Inde pour 2020, comme ce fut le cas avec la Russie en 2018. » 
 

Politique non-fiction


Les différentes sollicitations adressées à l’Associazione italiana editori (AIE), le versant italien du SNE, sont pour le moment restées lettres mortes : aucune réponse n’a été fournie à ActuaLitté. Certes, d’ici deux ans, il resterait encore du temps pour peaufiner les détails, « mais annoncer que l’Italie sera invitée d’honneur est prématuré », conclut Pierre Dutilleul

Pour autant, nous avions repéré qu’Albert Bonisoli s’était vivement réjoui de l’invitation formulée par Franck Riester, lors de son passage à Milan. Sur le site officiel de son ministère, on peut encore lire que la Péninsule sera bien « pays invité d’honneur » à Paris, en 2021. Et Bonisoli a assuré qu’il passerait lors de l’édition 2019, saluer son confrère.

Certains se souviennent que la précédente invitation avait été quelque peu chaotique : à l’époque Premier ministre, Sivio Berlusconi avait même été sommé par Catherine Tasca, alors ministre de la Culture, de ne pas venir. « Personnellement je suis très inquiète de la politique qu’il mène dans son pays et je préfèrerais un autre parrainage pour le Salon qui va s’ouvrir », avait-elle assuré à l’époque.

Et Rome lui avait répondu : « Il y a quelques minutes encore le Premier ministre Berlusconi ignorait l’existence d’une certaine Mme Tasca, et, malgré ce qui s’est produit, il continuera à l’ignorer. » Et Silvio avait donc logiquement boudé Paris. Comme quoi, politique et salon du livre de Paris font, de longue date, plutôt bon ménage.
 

L'Italie, réticente ces 10 dernières années


De l’eau a passé sous les ponts, mais l’invitation pour 2021, avec tout ce qu’elle a de politique en regard des relations tendues entre France et Italie, pourrait malgré tout tomber à l’eau. Selon nos informations, le Salon du livre de Paris avait régulièrement sollicité l’AIE pour une mise à l’honneur. Mais l’intérêt semblait alors loin d’être évident pour les éditeurs – quel que soit le président alors en charge de l’organisation.

Ricardo Franco Levi
Ricardo Franco Levi, au centre sur la photo - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 
En effet, sur les dix dernières années, trois présidents se sont succédés : Federico Motta, entre 97 et 2009, puis Marco Polillo, jusqu’en 2015, et de nouveau Motta jusqu’en juin 2017. Il fut alors remplacé par Ricardo Franco Levi, ancien journaliste et personnalité politique, à l’origine de la loi du même nom, ayant introduit une régulation dans la vente des livres.

Et qui se trouve actuellement fortement remise en question

A nouveau président, nouvelle politique internationale ? Pour certains, les éditeurs italiens feront avant tout ce que le gouvernement leur suggère. Et si Bonisoli et Riester – ce qui signifie Emmanuel Macron, bien entendu – se sont entendus, alors la messe est dite. Car il est impensable que le président français n'ait pas été à l'origine, ou proche de l'origine, d'une pareille décision – surtout en regard des tensions avec les autorités italiennes.

Personne ne croirait que l'Elysée ait forcé la main du SNE. Pas plus qu'on n'imaginerait qu'une pareille invitation se soit opérée sans que les hautes sphères du SNE n'aient pris attache avec les services de Jupiter. Simplement, on constate qu'au milieu, Reed Expo, coorganisateur de l'événement, semble de plus en plus relayé au rang de technicien logistique. Plus vraiment de prospecteur de clients – pardon, de pays invité.


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