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Livre Paris : les flâneries littéraires proposent un autre itinéraire

Antoine Oury - 24.03.2017

Culture, Arts et Lettres - Salons - flaneries litteraires - flaneries Livre Paris - Livre Paris programme


L'année dernière, alors que le salon Livre Paris bouclait une édition en demie-teinte, une innovation sortait du lot : les flâneries littéraires. Nous n'avions pas pu les tester, mais la simple proposition d'une visite littéraire du salon menée par un.e auteur.e avait quelque chose d'intéressant. Nous avons une occasion de nous rattraper : les flâneries littéraires sont de retour au Salon du Livre de Paris.

 

Flâneries de l'édition - Livre Paris 2016

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Pour la seconde année consécutive, l'association Verbes a investi un petit coin du salon Livre Paris, avec un stand simple, mais à l'esthétique efficace. Il faut dire que la structure, née au sein de la librairie Les Abbesses, s'y connaît en organisation et logistique : « Nous organisons notamment le Prix Wepler Fondation La Poste et la Fête de la librairie indépendante, depuis 20 ans », souligne Damien Laval.

 

Marie-Rose Guarniéri, libraire aux Abbesses, créatrice du Prix Wepler et de la Fête de la librairie, prend le relais : « Au moment de proposer un projet pour le Salon du livre, je me suis souvenue de mon premier salon du livre, où je me trouvais dans les allées sans oser entrer dans les stands, ni m'adresser à des écrivains... Par timidité, et puis parce qu'on n'appartenait pas au cercle de ce monde littéraire. » Par la présence de l'écrivain, guide au sein du salon, la barrière s'efface.

 

Les propositions de flâneries sont variées : Belinda Cannone parlera désir en littérature à 12h le vendredi 24, Didier Decoin évoquera les grands romans adaptés au cinéma à 11h dimanche, Jean-Yves Mollier nous conduira devant le ring des sciences humaines avec Bourdieu, Lacan, Foucault ce même jour à 14h. Et, pour la discussion qui va virer actualité, Cécile Guilbert, « Quand la politique française était littéraire et la littérature, politique », samedi 25 à 16h.

 

Avec 11 flâneries d'une heure chacune, il y a de quoi trouver un sujet d'intérêt. Et quand bien même : il faut se laisser tenter. « Les écrivains sont de grands lecteurs avant tout : ils nous ont donné la liste des livres dont ils voulaient parler, et ces ouvrages seront disponibles sur les stands des éditeurs où passera la flânerie », explique Marie-Rose Guarniéri.

 

Un peu comme chez Walter Benjamin, qui « déballait sa bibliothèque », les flâneries sont aussi l'occasion de se perdre pour retrouver quelque chose d'autre. « Cela permet de faire entrer les gens dans les stands, de parler d'écrivains, des catalogues, et pas seulement des sujets que l'on connaît déjà. Je voulais que les gens partent du salon chargés de quelque chose, un plus. »

 

Et pas forcément quelque chose qui s'achète avec de l'argent : « Avec les flâneries, nous avons voulu remettre vraiment les écrivains au centre du Salon du livre, pour qu'il soit très littéraire et pas seulement commercial. » On s'interroge des tweets de Maxime Chattam ou Bernard Pivot, mais c'est peut-être en flânant que l'on trouvera la réponse.