Livres miniatures : pas qu'une histoire de taille

Antoine Oury - 19.09.2013

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Bibliothèque nationale Écosse - livres miniatures - nanotechnologies


Quand il s'agit de dépasser les limites, il n'y a pas seulement les espaces infinis : la réduction à tout prix et à l'échelle la plus courte possible est un exploit artistique en soi, que des créateurs à la bonne vue tentent de surpasser. La Bibliothèque nationale d'Écosse consacre une exposition aux plus petits livres du monde, dont la valeur est inversement proportionnelle à la taille.

 


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wmshc_kiwi, CC BY-SA 2.0

 

 

 La pièce la plus remarquable, à condition d'avoir bonne vue, de cette exposition est une version de l'Old King Cole, comptine traditionnelle, imprimée sur un ouvrage haut de 0,9 millimètre : loupe indispensable. Imprimé en 1985 par Gleniffer Press, à Paisley, il a détenu le record pendant une vingtaine d'années.

 

Mais la concurrence se fait désormais plus rude : aidés des nanotechnologies, des Japonais ont imprimé l'année dernière un guide sur l'art floral plus petit qu'une tête d'épingle. Shiki no Kusabana compte 22 pages et seulement 0,75 mm de hauteur - ses lettres ne dépassant pas le 0,01 millimètre.

 

David Bryce, un éditeur écossais, avait même fait de ces microlivres un fonds de commerce : pendant tout le XXe siècle, sa maison Gleniffer Press a assuré la création de petits livres montés en collier, généralement des textes religieux ou officiels, du type hymnes nationaux. Pour les soldats sur le front ou les individus en déplacement, une petite loupe était fournie afin d'en lire quelques lignes.

 

« La plupart de ces livres sont des oeuvres d'art, des merveilles de technologie et des objets très rares. Le Old King Cole est fabriqué avec une lithographie offset, une version de la méthode de Gutenberg. Ils plaisent aux enfants parce qu'ils sont plus à leur échelle (!), tandis que les adultes sont attirés par le dessin, l'exécution et le talent artistique » analyse James Mitchell, commissaire de l'exposition, pour expliquer le succès de cette dernière.

 

(via The Guardian)