Ma vie de courgette doublement couronné à Annecy

Nicolas Gary - 19.06.2016

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L’adaptation du livre de Gilles Paris, Autobiographie d’une courgette, paru en 2002 chez Plon a été consacrée lors du Festival du film d’animation d’Annecy. Devenue Ma vie de courgette, la production réalisée par Claude Barras a raflé le Cristal et le Prix du public, lors de sa présentation. « C’est une joie totale, parce que j’avais vu le film, et que je l’ai totalement adoré », nous assure l’auteur, joint par téléphone.

 

Gilles Paris - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

« C’est très particulier, parce que l’animation 3D, mais aussi parce que l’on sort des choses connues dans les films d’animation. Leur idée est assez originale, et je trouve que les dessins, ce que j’ai vu jusqu’à présent, ressemblent beaucoup à du Tim Burton, moins sombre peut-être, avec un côté extrêmement décalé », nous racontait Gilles Paris, lors de la Foire du livre de Brive-la-Gailliard, en 2014.

 

Le succès rencontré à Cannes n’avait pas été suivi d’une récompense, en dépit de la standing ovation, lors de la projection. « L’accueil était royal : j’avais passé deux journées à Cannes et déjà, c’était dément, avec une ambiance folle et des salves d’applaudissements », se souvient l'auteur. Mais voilà, le film n’avait pas été primé.

 

Annecy a donc rattrapé les oublis de la Croisette – mais Cannes a tout de même permis que le film soit acheté par une dizaine de pays. Cette fois, c’est donc le Cristal du long métrage et le prix du public que le film d’animation reçoit – de quoi récompenser amplement le travail de l’équipe qui travaillait depuis le Pôle Pixel de Villeurbanne.

 

« C’est d’autant plus touchant que la réalisation de Claude Barras montre une grande fidélité au livre, parce qu’il a su en conserver toute la poésie et garder intact le langage des enfants que j’emploie », poursuit Gilles Paris. « Ce n’est jamais évident quand on parle d’adaptation, mais la scénariste, Céline Sciamma a su préserver cette poésie de l’enfance. Elle a gardé beaucoup de choses du livre, et en a inventé d’autres dans lesquelles je me retrouve totalement. J’aurais pu les écrire ! »

 

Courgette n’a rien d’un légume, c’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas, même, être heureux.

 

 

« En tant que plus important salon consacré au film d’animation en France, ces récompenses aident bien entendu les films à obtenir une plus forte visibilité. Obtenir un nombre de salles significatif n’est pas simple, mais lors d’une projection publique au Forum des images, nous avons pu voir combien le public accroche », poursuit l’écrivain.

 

Ma vie de courgette sera sur les écrans le 19 octobre, évidemment que va aider le film à avoir. « Désormais, cette œuvre a deux papas : son auteur et son réalisateur ! »

 

 

 

L’autre grande adaptation saluée par la Mention du Jury est celle de Sébastien Laudenbach, La jeune fille sans mains, qui est un conte de Grimm assez peu connu. Il a été mis en voix par Anaïs Demoustier et Jérémie Elkaïm.

 

Il était une fois, il y a quelques jours, à l’époque où la farine des villageois était écrasée à la meule de pierre, un meunier qui avait connu des temps difficiles. Il ne lui restait plus que cette grosse meule de pierre dans une remise et, derrière, un superbe pommier en fleurs. Un jour, tandis qu’il allait dans la forêt couper du bois mort avec sa hache au tranchant d’argent, un curieux vieillard surgit de derrière un arbre.

« À quoi bon te fatiguer à fendre du bois ? dit-il. Écoute, si tu me donnes ce qu’il y a derrière ton moulin, je te ferai riche.

— Qu’y a-t-il, derrière mon moulin, sinon mon pommier en fleurs ? pensa le meunier. Il accepta donc le marché du vieil homme.

 

 

S’ensuivra un pacte avec le diable...