Malgré les absents, le SLPJ « apportera de l'intelligence, du beau, du ludique »

Antoine Oury - 30.11.2015

Culture, Arts et Lettres - Salons - SLPJ Salon livre presse jeunesse - éditeurs auteurs absents - public accueil auteurs programme


Le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, après les attentats du 13 novembre dernier à Paris et à Saint-Denis, avait décidé de maintenir les différents événements. Pour ne pas céder à la peur et à la haine, mais aussi « parce que ce droit à la culture et à la liberté n’est pas négociable, parce que nos enfants ont droit à l’imaginaire et aux rêves », affirmait l'équipe. Malgré les absences d'auteurs et d'éditeurs, elle sera au rendez-vous dès mercredi.

 

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À Montreuil, en 2011 (Julia Buchner, CC BY-SA 2.0)

 

 

Évidemment, les différentes annonces de désistements et d'absences n'ont pas réjoui l'organisation du salon, mais Sylvie Vassallo, directrice du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse depuis 2001, est confiante : « Le monde de l'édition, pour sa majorité, a répondu présent pour le salon », souligne-t-elle auprès d'ActuaLitté. 

 

La maison d'édition Pocket Jeunesse a fait part de son absence aujourd'hui, tout comme Naïve et XO, et des auteurs américains, belges ou québécois ont annulé leur voyage. Avec quelques têtes d'affiche, comme Veronica Roth, l'auteure de la série Divergente

 

Malgré ces annonces, Sylvie Vassallo et son équipe sont dynamisées comme jamais : « Après les événements du 13 novembre, la question du maintien du Salon s'est posée. Et beaucoup de gens ont voulu réagir, veulent réagir en apportant de l'intelligent, du beau, du ludique pour les enfants », explique la directrice du salon. De fait, les organisateurs ont fait preuve d'imagination pour improviser des solutions de remplacement. Les désistements d'auteurs sont finalement limités, et les maisons d'édition absentes ont été remplacées par d'autres, sur liste d'attente. Le stand Pocket Jeunesse, lui, sera transformé en espace de lecture. 

 

L'inventivité en réponse à l'imprévu

 

Ainsi, puisque les élèves d'Île-de-France sont interdits de sortie, les auteurs viendront à eux, directement dans les classes, pour parler de leur travail et de littérature. Les groupes d'accueil qui étaient mobilisés sur place, eux, utiliseront les Chèques Lire distribués aux élèves sur le salon pour acheter des livres — sur les conseils de libraires spécialisées — qu'ils viendront ensuite distribuer dans les classes, la semaine suivant le salon, « pour que les enfants puissent bénéficier de l'encadrement scolaire prévu ».

 

Le mercredi sera gratuit pour tous les publics, et la ministre de la Culture Fleur Pellerin, « qui nous a beaucoup soutenus dans ce maintien du Salon » viendra faire le tour du SLPJ.

 

Par ailleurs, le SLPJ a diffusé ce matin un appel à tous ceux qui sont disponibles les jeudi et vendredi pour devenir « ambassadeurs des enfants », se rendre au salon et s'approvisionner en lectures. Les groupes d'accueil seront mobilisés pour guider et aider au mieux les visiteurs, avec un service de conseils personnalisés. Ces conditions exceptionnelles permettront aussi « de tester d'autres choses » au niveau de l'organisation.

 

Le samedi sera « une grande fête familiale », promets Sylvie Vassallo : des billets gratuits ont été distribués aux enfants, qui permettront d'emmener toute la famille au SLPJ.

 

Évidemment, si le sentiment de fierté prédomine, la sécurité ne sera pas négligée, avec la mise en place d'un périmètre extérieur avec point d'entrée unique et de portiques de sécurité qui permettront un contrôle optimal des visiteurs et des sacs. 

 

Le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse « est le premier salon du livre après les attentats, et il est important d'être ensemble. D'ailleurs, les éditeurs sont complètement là, ils ont envie d'être là pour les enfants. C'est une agression que l'on a tous subie, les uns et les autres, et nous resterons ensemble », conclut Sylvie Vassallo.