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Manuel Valls accorde un délai aux intermittents du spectacle

Antoine Oury - 20.06.2014

Culture, Arts et Lettres - Théatre - intermittents du spectacle - Festival d'Avignon - Manuel Valls


Le 16 juin dernier, le médiateur Jean-Patrick Gille, désigné par le gouvernement pour mettre sur pied une solution à la crise des intermittents, surprenait son monde avec un tweet enflammé. Une infographie claire, mais un peu potache, qui mettait chaque protagoniste à sa place. Finalement, le gouvernement a annoncé la « mise entre parenthèses » de la mesure la plus controversée de l'accord, le différé d'indemnisation.

 

 


Le tweet de Jean-Patrick Gille, remarqué

 

 

Face à la menace d'un blocus durable des intermittents, et de l'annulation d'une bonne partie des festivals culturels de l'été, le gouvernement a finalement préféré exclure une des mesures les plus critiquées de l'accord du 22 mars. Ce dernier avait été signé par le MEDEF et les organisations syndicales FO, CFDT et CFTC, mais la CGT Spectacle avait dénoncé des négociations iniques.

 

Le gouvernement, et particulièrement la Ministre de la Culture Aurélie Filippetti, avait promis un geste à l'attention des intermittents, annoncé par le médiateur Jean-Patrick Gille, chargé de recevoir les avis de chaque parti concerné.

 

Au cours d'une conférence de presse, hier, Manuel Valls a annoncé que le différé des indemnisations, qui laisse craindre aux intermittents des fins de mois difficiles, serait assumé par l'État le temps que des solutions soient trouvées. En somme, c'est un délai supplémentaire, qui coûtera près de 40 millions €. De plus, le Premier ministre a promis le maintien intégral des crédits budgétaires dédiés à la création et au spectacle vivant pour les années 2015, 2016 et 2017.

 

Sans surprise, il a demandé en échange la levée des menaces sur les festivals estivaux, mais la CGT-Spectacle a dénoncé une « mesurette », et entend déposer un préavis de grève pour le 1er juillet. Un représentant des intermittents, Loïc Canitrot, a lui aussi exprimé sa déception : « Il y a une chose intéressante, c'est l'annonce du maintien du budget de la Culture. Pour le reste, c'est déception sur déception. Le différé n'est même pas supprimé, mais payé sur les fonds de l'Etat. »

 

Le médiateur, de son côté, avait déploré l'absence de dialogue entre les partenaires sociaux, mais pourra donc profiter de l'été pour « revoir l'architecture du système », selon ses propres mots.