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Marc Lévy : président trop français pour le Salon du livre de Québec

Julien Helmlinger - 23.02.2013

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Salon du livre - Québec - Marc Lévy


Depuis la désignation de Marc Lévy à la présidence d'honneur du festival canadien, qui se tiendra au cours du mois d'avril prochain à Québec, la controverse tempête au sein du milieu du livre local. Si le talent littéraire de l'écrivain installé à New York ne semble pas mis en cause, certains lui reprochent toutefois d'être trop français, et de faire ainsi de l'ombre à la communauté des auteurs québécois. Mais en dépit du vent de polémique, le romancier et la direction de l'évènement confirment sa présence au Canada.

 

 

Crédits ; slog de Marc Lévy

 

 

Philippe Sauvageau, PDG du Salon, a suscité une levée de boucliers, le 16 avril dernier au lendemain de la clôture de l'édition 2012, en confiant : « Comme président d'honneur, on essaie d'avoir un auteur québécois qui soit très connu [...]. Si on avait quelqu'un comme ça à Québec, on le prendrait. »

 

Et en réaction à ces propos, 68 auteurs québécois ont exigé la démission de Sauvageau, par l'intermédiaire d'une pétition.

 

Le 17 février dernier, Jacques Fortin, président des éditions Québec Amérique, a quant à lui attaqué l'écrivain français, nommé entre temps : « Monsieur Lévy devrait refuser la présidence d'honneur par respect et par solidarité avec les auteurs et l'édition québécoise. Cette nomination, dans le présent contexte, est une avanie et un geste qui dévoile, une fois de plus, une attitude colonisée de trop. »

 

Mais ce jeudi, même si la situation reste tendue, la directrice de la communication de l'évènement, Johanne Mongeau, a confirmé la participation de l'écrivain français, et affirmé : « Le Salon […] est honoré de la présence de Marc Lévy et entend le traiter avec tout le respect qu'il mérite. Nous sommes convaincus que le public et les auteurs québécois lui réserveront un accueil chaleureux. »

 

Pour le principal intéressé, Marc Lévy : « Toute cette affaire vient à l'origine du fait que Dany Laferrière a été cinq années de suite à la présidence de ce festival et que beaucoup de gens souhaitaient un changement. En plus, et c'est vraiment de la tambouille locale, le président des éditions Québec-Amérique, une entreprise implantée dans la ville de Québec, reproche à Danny Laferrière d'être de Montréal… »

 

Une de ces tambouilles qui se mange froide ?