Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Marcus Malte reçoit le Prix Femina pour Le Garçon

Antoine Oury - 25.10.2016

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L'écrivain Marcus Malte a reçu le Prix Femina 2016 pour son roman Le Garçon, publié aux éditions Zulma en août dernier. Né en 1967 à La Seyne-sur-Mer, Marcus Malte est l'auteur d'une douzaine de romans, mais aussi de livres jeunesse et de nouvelles.

 

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Marcus Malte au festival Interpol'art en 2013 (G.Garitan, CC BY-SA 3.0)

 

 

Après la ronde des listes, voici venir le temps des choix des multiples jurys littéraires : le prix de la langue française a ouvert le bal début octobre en saluant Philippe Forest, et le Femina lui emboîte le pas. « Ce livre est une grande épopée, une histoire magnifique qui ressuscite le mythe de l'enfant sauvage qui parvient à la civilisation », a déclaré Mona Ozouf, la présidente du prix, rapporte l'AFP.

 

Marcus Malte a obtenu 7 voix contre 3 à Nathacha Appanah, en lice pour Tropique de la violence, chez Gallimard. Il succède à Christophe Boltanski, récompensé l'année dernière pour son roman La Cache, publié par les éditions Stock. Le Garçon était en compétition avec 17 autres romans français de la rentrée.

 

Le résumé de l'éditeur :

 

Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin – d’instinct.

 

Alors commence la rencontre avec les hommes : les habitants d’un hameau perdu, Brabek l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, l’amour combien charnel avec Emma, mélomane lumineuse, à la fois sœur, amante, mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. »

 

Puis la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation. Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience au gré du hasard et de quelques nécessités, ponctué des petits et grands soubresauts de l’Histoire, le Garçon est à sa façon singulière, radicale, drôle, grave, l’immense roman de l’épreuve du monde.

 

 

Le prix Femina du roman étranger revient à Rabih Alameddine pour Les vies de papier (Les Escales), traduit par Nicolas Richard :

 

Aaliya Saleh, 72 ans, les cheveux bleus, a toujours refusé les carcans imposés par la société libanaise. À l'ombre des murs anciens de son appartement, elle s'apprête pour son rituel préféré. Chaque année, le 1er janvier, après avoir allumé deux bougies pour Walter Benjamin, cette femme irrévérencieuse et un brin obsessionnelle commence à traduire en arabe l'une des oeuvres de ses romanciers préférés : Kafka, Pessoa ou Nabokov. À la fois refuge et « plaisir aveugle », la littérature est l'air qu'elle respire, celui qui la fait vibrer comme cet opus de Chopin qu'elle ne cesse d'écouter. C'est eentourée de livres, de cartons remplis de papiers, de feuilles volantes de ses traductions qu'Aaliya se sent vivante. Cheminant dans les rues, Aaliya se souvient ; de l'odeur de sa librairie, des conversations avec son amie Hannah, de ses lectures à la lueur de la bougie tandis que la guerre faisait rage, de la ville en feu, de l'imprévisibilité de Beyrouth.

 

Le Femina de l’essai a été attribué à Ghislaine Dunant pour Charlotte Delbo, La vie retrouvée (Grasset) :

 

« Je rencontrais une écriture qui crevait la surface protectrice de la vie pour toucher l’âme, le corps qui souffre ce qu’un être humain ne doit pas souffrir. Les mots peuvent dire ce qu’il est à peine supportable de voir, et de concevoir. Et ils peuvent ramener l’amour que Charlotte Delbo avait eu pour toutes celles, ceux qu’elle avait vu souffrir. La lucidité, la capacité de dire et d’écrire était là. Une langue pouvait rendre ce qui avait eu lieu. Le trou que faisait dans notre humanité la catastrophe d’Auschwitz, un écrivain me donnait le moyen de le raccommoder avec une œuvre qui en faisait le récit. Elle avait cherché la beauté de la langue dans le terrible des mots ciselés en arrêtes coupantes. Elle les disait avec la douceur qui prend quand l’au-delà de la douleur est atteint. Elle l’écrivait des années plus tard, ouvrait les images restées, elle interrogeait avec liberté les souvenirs au moment où elle les écrivait, elle découvrait la vie retrouvée ».

 

 

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