“Militants du livre”, Tahar Ben Jelloun et Jean-Claude Carrière ouvrent Le Livre à Metz

Antoine Oury - 22.04.2016

Culture, Arts et Lettres - Salons - Livre à Metz - Metz Tahar Ben Jelloun - salon littéraire Metz


Si les festivités ont commencé dès ce jeudi 21 avril, le festival Le Livre à Metz a été officiellement inauguré ce soir, Place de la République, à Metz, par les invités d'honneur Tahar Ben Jelloun et Jean-Claude Carrière, accompagnés par le maire de la Ville Dominique Gros, les organisateurs et d'autres responsables politiques. Le rendez-vous littéraire de la ville fêtera l'année prochaine sa 30e édition.

 

Festival Le Livre à Metz

Ce soir, Place de la République à Metz : au ciseau, Tahar Ben Jelloun,

avec le maire de Metz, Dominique Gros, à sa gauche

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Organisée autour de la thématique « Bas les masques ! », la 29e édition du festival Le Livre à Metz — Littérature et Journalisme a été officiellement inaugurée en présence des invités d'honneur Tahar Ben Jelloun et Jean-Claude Carrière. Entre les 250 invités, les 70 rendez-vous, débats et tables rondes, les Messins et les autres auront largement de quoi faire.

 

La culture « est tout ce qui forge l'humanité de nos liens », et la ville de Metz porte « la conviction que malmener la culture serait contraire à nos valeurs, liberté, égalité, fraternité, à la démocratie, au vivre ensemble », a souligné Aline Brunwasser, présidente de l'association Le Livre à Metz qui supervise l'organisation du festival.

 

Le maire de Metz, Dominique Gros, n'a pas dit autre chose en racontant la visite d'une Messine d'origine turque ce matin dans son bureau : infirmière, elle lui expliqua que cette vocation lui était venue après la lecture d'Une vie de Maupassant. Auparavant dépendante de son mari, elle a embrassé ce métier et son autonomie personnelle grâce à la lecture, explique-t-il.

 

Dans la France de 2016, le temps n'est pas le plus heureux pour la culture et les événements qui y sont liés, malgré tout : « Les dotations de l'État ont baissé, mais nous avons préservé le budget de la culture, que je considère comme une priorité. Nous avons même signé une convention avec le gouvernement pour garantir le maintien, pendant 3 ans, des budgets dédiés à la culture. Et le livre est la base de la culture, le premier véhicule de la culture après la parole », souligne Dominique Gros, interrogé par ActuaLitté.

 

Les invités d'honneur ont évidemment eu un mot pour la manifestation et sa thématique, comme Jean-Claude Carrière, qui a partagé une anecdote rapportée par un ami acteur, après un hommage à Umberto Eco :

 

 

Tahar Ben Jelloun, visiblement conquis par la beauté de la ville, s'est défini, avec son confrère Jean-Claude Carrière, comme un « militant du livre : il faut le défendre, car la France reste le seul pays où un prix littéraire fait se déplacer 100 caméras ». Après un hommage à Edmonde Charles-Roux, disparue récemment, il a cité Jean Genet, un de ses mentors, qui lui disait : « N'oublie pas, quand tu écris, que tu prends la main du lecteur. Il ne faut pas qu'elle t'échappe. »

 

Festival Le Livre à Metz

Tahar Ben Jelloun (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)