Ministère de la Culture : réformer ou en finir, mais agir !

Clément Solym - 29.12.2008

Culture, Arts et Lettres - Expositions - ministère - culture - Albanel


Réformer, c'est le pied et Jean-Jacques Aillagon, qui occupa le poste où Mme Albanel siège actuellement, entre 2002 et 2004, estime qu'il est temps de revoir quelque peu l'organisation de ce ministère, voire de repenser son intérêt.

Car après sa création pour Malraux, « depuis de longues années, et cela n'a rien à voir avec le travail mené par Christine Albanel, son action est devenue peu compréhensible et perçue comme injuste », estime M. Aillagon dans les colonnes du Monde.

Considérant un certain nombrilisme du ministère, et donnant « l'illusion qu'aucune action culturelle ne pouvait exister sans qu'il en soit l'acteur, l'intermédiaire, le promoteur », son rôle même serait remis en question en ce qu'aujourd'hui, les collectivités ont largement pris en charge - financièrement de surcroît - le coût de la culture.

Que faire alors ? D'abord une thérapie de modestie puis se rencentrer sur « trois chantiers prioritaires ». Ainsi, il y aurait une redéfinition à faire des « règles du partage des rôles entre l'État et les collectivités territoriales ».

Supprimer le ministère, n'est-ce pas un peu l'objectif de ses idées ? « La question peut donc se poser. Mais elle est politiquement taboue. La France a développé un attachement quasi religieux pour ce ministère. Vouloir le bouger, c'est être accusé de brader la culture », rétorque M. Aillagon. Alors lui donner plus de moyens peut-être, mais un sérieux besoin de faire « sa révolution ». 

Dans tous les cas, « l'État ne doit plus exercer une tutelle tatillonne, mais stratégique. Qu'il donne des objectifs et qu'ensuite, il laisse les opérateurs travailler ».