Mobilisation : la rue Sébastien Bottin, ou Gallimard et l'ebook

Clément Solym - 12.06.2011

Culture, Arts et Lettres - Salons - bottin - symbole - numerique


Le 15 juin, dans quelques jours, la rue Sébastien Bottin qui accueille aujourd'hui le siège des éditions Gallimard sera (en partie) rebaptisée, en l'honneur du centenaire de sa création, par Gaston Gallimard. Une célébration loin de faire l'unanimité.

En accordant aux éditions Gallimard que la rue Sébastien Bottin soit supprimée et renommée du nom du fondateur, plusieurs maxillaires se sont vivement contractés. Au point que plusieurs acteurs se sont lancés dans un Appel du 15 juin, pour défendre Sébastien Bottin, administrateur et statisticien français.


Une journée d'hommage lui sera ainsi rendue le jour même, alors que la Ville de Paris débaptisera la rue.

Bottin ou l'ebook, même sacrifice

À travers toute la toile française, et bientôt francophone, c'est une mobilisation qui est en train de se mettre en place, profitant du symbole, pour dénoncer toute une politique actuelle concernant le livre numérique. Et ce, alors qu'Antoine Gallimard, président du Syndicat national de l'édition, est justement le représentant des éditeurs (si ce n'est d'une partie) dans notre pays.

« Une gigantesque journée d'hommage est organisée pour celui qui basculera donc dans les oubliettes, au profit de la maison centenaire.

L’édition est en pleine mutation numérique, pendant ce temps-là une poignée de puissants éditeurs font l’autruche, bloquent de manière ridicule les prix des livres numériques dans la fourchette la plus haute (autour de 20 euros), et poussent au piratage. Voire renommée la rue Sébastien Bottin au profit d’une maison qui incarne une vision archaïque de l’édition est un symbole dont il faut s’emparer
», souligne le communiqué.

Dans une forêt de symboles...

En filigrane, on comprend très bien les enjeux : le prix de commercialisation actuel du livre numérique, largement trop cher. Mais également les droits perçus par les auteurs. On pourrait aussi revenir sur la loi concernant le prix unique du livre numérique, dite PULN ou Prisunic, dans toute son aberration.

Ou, bien plus simplement, l'ensemble des textes du catalogue de Gallimard, détenant parmi les plus grands auteurs publiés en France, un manque cruel d'ouvrages disposnibles en version numérique...

La rue kétanou !

Et toute personne le souhaitant est invitée cordialement, sans haine ni colère, à prendre part à cette grande journée de commémoration, en publiant sur son blog, son site, sur sa page Facebook un article, une vidéo, une photo, tout ce qui pourra être en rapport avec Sébastien Bottin. Hommage fictif, ou bien réel, toutes les manifestations de soutien seront accueillies !

Un blog regroupant les articles publiés çà et là
a été mis en ligne depuis quelques heures, pour inviter à partager et à échanger sur la problématique du livre numérique. On pourra également retrouver le fil Twitter sur le sujet avec le mot clef #ruebottin.

La journée du 15 juin sera purement symbolique, certes. Mais il est des symboles que l'on ne peut que difficilement laisser passer sans broncher.

Mise à jour :
Voir l'article du Parisien du 6 mai : « La règle est de ne pas changer le nom d’une rue où des personnes habitent. De plus, donner un nom d’entreprise à une rue, ça ne se fait pas. On risque de créer un précédent. »

Ou encore : « Cela risque de nous poser des problèmes de changement d’adresse. Nous sommes au 9, rue Sébastien-Bottin, va-t-on devenir le no 1 ? Et qui va payer pour les changements de papier à en-tête ? »

Voici le logo officiel de l'événement, par Studio Walrus.

Sur Twitter, hashtag : #ruebottin