La médiathèque de Deauville, dont le projet date de 2005, fait vivre une seconde jeunesse au patrimoine culturel de la ville. Gwanaëlle Lancelot avait été recrutée pour élaborer des projets visant à mettre en valeur le patrimoine de la ville. Auparavant, seule une petite bibliothèque associative existait (Lire pour tous). Depuis 2012, plusieurs projets sont arrivés à maturation. Dans le bâtiment de stockage de la Bibliotech, plus de 70.000 documents sont stockés, dans un espace de 700 m2.

 

Deauville-festival 

(ActuaLitté / CC BY-SA 2.0 )

 

 

En 2008-2009, un premier projet coconstruit avec un architecte avait échoué. C’est en 2012 que Gwanaëlle Lancelot a proposé au maire une offre de lecture publique type « Drive », un concept de lecture publique qui n’existait pas auparavant dans la ville et ses alentours.

 

« Nous voulions satisfaire les usagers présents à Deauville et montrer nos collections cataloguées. Dans les 70.000 documents, on trouve des livres, des CD, des DVD, un fonds de cinéma d’art et d’essai assez important. » Un avis que partage, pour l’anecdote, le réalisateur Claude Lelouch, venu visiter la ville de Deauville une année et qui a pu apprécier des oeuvres du cinéma asiatique et américain mises à disposition. 

 

À l’heure de l’évolution numérique, la médiathèque tient tout de même à préserver les CD et DVD : « Nous avons monté un fonds sonore important, avec plus de 14.000 CD. Nous ne voulons pas y renoncer pour le moment. » Ce type de documents est viable, car « Amazon et les grandes plateformes ne présenteront plus certains artistes que nous présentons, grâce à des oeuvres intégrales ».  

 

Le partenariat avec la Bibliothèque Départementale de Prêt permet d’élargir l’offre avec la « Boîte Numérique » (offre numérisée, dématérialisée). La ville paie à la BDP un tarif à l’habitant (0,20 €/habitant). Le coût de l’abonnement public s’élève à 15 € pour l’adulte et reste gratuit pour l’enfant. 


Succès de l'offre drive et du kiosque

 

Lorsque les publics se rendent dans le bâtiment de stockage, situé dans les Coteaux (sur les hauteurs de Deauville), « les collections sont accessibles », mais les conditions d’accès ne sont pas optimales, comme le regrette Gwanaëlle Lancelot. « L’intégralité des collections n’est pas accessible. » Il y a deux points d’accès : ce bâtiment et l’école Fracasse, en centre-ville, avec une offre scolaire. Tous les midis, à l’école, il y a « l’ouverture d’une petite bibliothèque scolaire, avec environ 2.000 documents que nous réalimentons ».  

 

 

 

La médiathèque va au plus près de la population. Comme le kiosque du festival de Livres et Musiques de Deauville l’illustre, l’adaptabilité aux publics est optimale. Situé au carrefour, il sert à la fois de point d’information et propose un espace de lecture. « C’est un lieu de rendez-vous ». Pendant deux mois, l’été, « Lire à la Plage » est « au coeur du kiosque ». Place Claude Lelouch, il peut atteindre jusqu’à « 100.000 personnes ». Et tout au long de ces deux mois, « Lire à la plage » ouvre tous les jours, de 12h à 19h. Le choix est bien plus diversifié : « Pour cette occasion, nous achetons le Times, Vanity Fair, les revues étrangères très suivies par les touristes étrangers. » 


Le projet central des Franciscaines 

 

Musée, médiathèque, lieu de spectacles comme de rencontres, le projet des Franciscaines a une histoire particulière. Ancien couvent, le bâtiment a été racheté par la ville et va devenir un pôle multiculturel. La chance, pour la médiathèque, de pouvoir investir un espace conséquent et de pouvoir proposer aux différents publics des offres variées : « Nous pourrons déplacer un nombre important de documents, tels que les CD, les DVD, les livres et, ainsi les préserver. Nous voulons ramener davantage les publics vers les Franciscaines », explique Gwanaëlle Lancelot. 

 

C’est aussi vers les nouvelles technologies que la médiathèque se tourne. Des projets de Fab-Lab, d'apprentissage des nouvelles technologies s’articulent. Dans des lycées, les tables mashup ont été présentées aux élèves. Ces tables multifonctions, sur lesquelles on peut écrire un scénario, monter un film, créer des musiques, sont « hyper intuitives ». Il y a un mois, des contacts se sont faits avec des bibliothécaires du Pays d’Ouche et l’idée d’une journée de formation sur la table mashup avec le CNFPT va dans ce sens. 

 

« Nous allons vers une ludothèque robotique », résume Gwanaëlle Lancelot. Sans toutefois jeter à la poubelle la richesse des documents que nous donnaient les supports d'antan.