Montréal : Les conservateurs sucrent un festival littéraire

Clément Solym - 07.09.2011

Culture, Arts et Lettres - Salons - festival - litterature - quebec


Le bloc québécois s’est insurgé de la suppression d’une portion conséquente de l’enveloppe normalement allouée au Festival international de littérature de Montréal. Patrimoine Canadien a désalloué 65 000 $ (environ 47 000 €) au Festival en dernière minute, à peine 6 semaines avant qu’il ne commence.

 
La suppression des moyens s’est faite voilà six semaines, le 26 juillet, mais le festival profite de son exposition médiatique actuelle pour dénoncer le mouvement de Patrimoine canadien, qui le prive de 13 % de ses ressources cette année, et rend son avenir incertain. Le ministère du Patrimoine canadien versait cette subvention depuis 2002.
 

 


Selon la directrice générale et artistique du festival,  Michelle Corbeil, le festival réussit pourtant depuis plusieurs années un « parcours sans faute ». Ses salles sont remplies à 84 % et il n’a jamais été en déficit. Ce qui fait peser le soupçon d’une décision idéologique.


L’attaché de presse du ministre James Moore, Sébastien Gariépy, s’en défend dans un courriel à Canoë : « Le nombre total de demandes dépasse largement les fonds disponibles et le ministère doit faire des choix » 10.000 demandes de subventions auraient été reçues. Le festival continue de recevoir 30.000 $ (21 500 €).

 

Pour la première fois, le festival sera en déficit cette année. Le député de Bourget et porte-parole pour la culture de l’opposition officielle, Maka Kotto, s’insurge : « Il s'agit là d'une décision purement idéologique. Les conservateurs se moquent royalement de la culture québécoise. Le Parti Québécois est le seul parti qui propose d’agir en rapatriant notamment au Québec l’ensemble des pouvoirs et des budgets en matière de culture et de communications actuellement détenus par Ottawa. »
  

Quels que soient les torts des uns et des autres, il reste toujours possible de faire appel au mécénat, aux dons, et aux autorités québécoises. En France, le plus souvent, les régions occupent une place essentielle dans le financement des festivals culturels.

(Via Canoë et le site du gouvernement québécois.)