Nadine Labaki nommée Chevalier des Arts et des Lettres

Clément Solym - 10.07.2008

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Nadine - Labaki - réalisatrice


Nadine Labaki est née au Liban en 1974. Diplômée en études audiovisuelles à l’université francophone de Saint-Joseph de Beyrouth (IESAV), elle réalise son film d’école, 11 rue Pasteur, en 1997, qui obtient Le Prix du meilleur court métrage à la Biennale du cinéma arabe à l’Institut du monde arabe (Paris) en 1998.

Un début dans le court métrage :

La réalisatrice talentueuse poursuit ensuite son parcours toujours dans les formes courtes : vidéomusiques de chanteuses du Moyen-Orient, films de publicité…Grâce à son film Caramel (sorti le 15 août 2007 en France) le monde entier s’est épris de cette chronique de cinq femmes si singulières et si universelles à la fois, dont le point commun est l’usage du caramel, matière première d’une forme de soin et d’embellissement du corps dont les femmes ont le privilège.

Le public de la Quinzaine des réalisateurs a accueilli avec chaleur ce dernier film de la réalisatrice libanaise lors de sa présentation à Cannes en mai 2007.

Rencontre avec la France :

De passage en France, Nadine Labaki rencontre la productrice Anne Dominique Toussaint qui l’incite à passer dans l’aventure du long métrage. Accueillie à la Cinéfondation où de jeunes gens venus des quatre coins du monde vivent en communauté, elle rentre dans l’ascèse de l’écriture d’un scénario. Elle croise alors le chemin de Kahled Mouzanar, compositeur de la musique du film Caramel.

Quelques mois après, le tournage à Beyrouth commence, en langue arabe : c’est un choix revendiqué, tout comme le parti pris de n’avoir recours qu’à des comédiennes non professionnelles. Et ces cinq portraits de femmes (Layale, Nisrine, Rima, Jamale, Rose) à travers leurs émotions, leurs gestes, leurs désirs, leur petites souffrances, font miroiter les traits de la société libanaise d’aujourd’hui, et la manière dont les femmes la vivent.

Caramel nous montre et nous dit tout simplement qu’au Liban, rien n’oblige à se déchirer, à s’opposer, et que la paix est possible. Nous attendons tous du cinéma qu’il nous transmette de tels messages. La France a cru au talent de la jeune réalisatrice libanaise et au nom de la République française, Nadine Labaki s’est vu remettre les insignes de Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres.