Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, bientôt à Broadway

Camille Cornu - 11.02.2016

Culture, Arts et Lettres - Théatre - To Kill a Mockingbird Broadway - ne tirez pas sur l'oiseau moqueur - broadway


Vendu à plus de 40 millions d'exemplaires, le roman d'Harper Lee s'est affirmé au cours des cinquante dernières années comme une pièce majeure de la littérature américaine. Lauréat du prix Pulitzer et déjà adapté au cinéma dans un film à succès, le roman avait largement fait ses preuves. Mais après l'accueil mitigé de la suite du texte, Va et poste une sentinelle, (trad. Pierre Demarty) en 2015, l'arrivée à Broadway marque une nouvelle étape pour la reconquête du public d'Harper Lee. 

 

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Gregory Peck et Broke Peters dans les rôles de Atticus et Tom Robinson, dans le film de 1962

 

 

Paru en 1960 aux États-Unis, il a été traduit sous trois titres en français : Quand meurt le rossignol (Germaine Béraud, 1961), Alouette, je te plumerai (Isabelle Stoïanov, 1989) et Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, 2005, trad précédente revue par Isabelle Hausser). Jusqu'à l'année dernière, il était le seul roman de son auteure. Mais à 89 ans, elle a publié une suite, controversée, qui introduisait une vision différente de l'avocat Atticus Finch, changeant la morale du roman et démontant une des figures les plus mythiques de la littérature américaine. 

 

Alors qu'il risquait sa vie pour défendre un homme noir injustement accusé, le deuxième opus lui faisait tenir des propos contredisant sa fille, Scout, qui se positionnait en faveur de l'intégration raciale. 

 

Le producteur Scott Rudin a acquis les droits pour monter le texte à Broadway, avec Aaron Sorkin comme scénariste et Barlett Sher, lauréat d'un prix pour « South Pacific », à la mise en scène. 

 

Le futur scénariste, Sorkin, a confié : « Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est un des ouvrages les plus vénérés de la littérature américaine du XXe siècle. Il résonne différemment dans l'imagination de chacun, comme il se doit pour une grande œuvre, et c'est dans cette direction que je dois travailler. Je ne suis pas l'égal d'Harper Lee. Personne ne l'est. »

 

Si on ne sait pas encore qui tiendra son rôle, le producteur s'est voulu rassurant en précisant que le personnage d'Atticus correspondrait bien à celui du premier livre : « Il est l'un des meilleurs personnages jamais créés par la littérature américaine », a-t-il estimé.

 

D'après Sher, Sorkin est parfaitement conscient des enjeux contemporains de la pièce, qui n'en sera que plus intéressante : « Cela pose beaucoup de questions culturelles, politiques et sociales auxquelles Aaron est rompu. La conversation entre Harper Lee et lui risque d'être prometteuse. »

 

Cela fait deux ans que Rudin essayait d'obtenir les droits de la pièce. L'auteure avait toujours refusé que son texte soit adapté à Broadway, mais vient de s'y résoudre. 

 

Le metteur en scène Christopher Sergel l'avait pourtant déjà adapté pour la scène, à Londre en 2013. Alors que son adaptation était d'une fidélité absolue au texte, Rudin envisage de se permettre davantage de libertés...