“Nous apprenons tous énormément à Francfort” (Andrew Wylie)

Antoine Oury - 21.10.2016

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Tous les chargés de cession de droits le diront : malgré les années et un paysage de l'édition en mutation, la Foire de Francfort est un incontournable dans la pratique de leur métier. Preuve en est de l'enthousiasme d'Andrew Wylie, probablement le plus célèbre agent littéraire au monde, et le plus redouté...

 

The Wylie Agency - Frankfurt Buchmesse 2015

The Wylie Agency, à Francfort (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Situé entre Simon & Schuster et Penguin Random House, le stand de The Wylie Agency se démarque : le fait qu'un agent littéraire dispose de son propre espace au milieu d'un étage dédié à l'édition américaine est déjà remarquable. À l'intérieur, l'équipe d'Andrew Wylie — une dizaine de personnes — enchaîne les rendez-vous, entourée par les livres représentés, alignés sur les étagères : une anthologie des paroles de Bob Dylan trône en bonne place...

 

Inutile d'écrire que les journées de Wylie à Francfort sont bien remplies, ou plutôt, la journée : le boss de The Wylie Agency a concentré ses principaux rendez-vous sur le premier jour de la Foire. Sa présence est donc limitée, mais il n'abandonnerait pour rien au monde l'événement : « Francfort est toujours l'endroit où les éditeurs de l'international se retrouvent, et je crois que nous apprenons tous énormément à Francfort chaque année », explique-t-il, interrogé par ActuaLitté.

 

« J'en apprends beaucoup en rencontrant mes contacts et en comparant nos notes sur les marchés de l'édition des différents pays, ce qui fonctionne à l'international, ce qui fonctionne au local, et comment les deux peuvent être combinés », poursuit-il.

 

Une connaissance du monde de l'édition, et de l'édition du monde entier, qui lui a notamment permis d'ouvrir une filiale hispanophone de la Wylie Agency, en août 2015, associé avec l’agence de Carmen Balcells, une autre pointure du secteur décédée l'année dernière. Il augmentait un peu plus son influence sur le monde des lettres : Philip Roth, Salman Rushdie, Orhan Pamuk, mais également des ayants droit comme ceux d’Italo Calvino, Norman Mailer, Susan Sontag, Jorge Luis Borges et Roberto Bolaño font notamment partie de son carnet d'agent...

 

Le monde de l'édition a considérablement changé depuis ses débuts — ne lui parlez par d'Amazon, sa bête noire —, mais Wylie reste enthousiaste : « Ce que l'on constate aujourd'hui, c'est une succession d'opérations de concentrations, qui, paradoxalement, conduisent à de plus petites start-ups. On constate ainsi l'apparition de maisons d'édition plus grandes, formées à partir de maisons plus petites, et des maisons plus petites nées de la cuisse de grands groupes, autant d'échelles avec lesquelles il faut composer », explique l'agent littéraire.

 

En témoignent les supergroupes comme Penguin Random House ou des rachats parfois douloureux, comme celui de Rizzoli par Mondadori, en Italie...