Obstiné, le Don Quichotte de Terry Gilliam ne craint pas la malédiction

Julien Helmlinger - 18.11.2013

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Terry Gilliam - Don Quichotte - Miguel de Cervantes


Obstiné comme son protagoniste central, le cinéaste Terry Gilliam n'en a visiblement pas fini avec son adaptation maudite du chef-d'œuvre de Cervantes, qu'il entend bien tenter de réaliser pour la septième fois en près de 15 ans. Si cette succession d'échecs n'aura pour l'instant donné lieu qu'au documentaire Lost in La Mancha, expliquant en partie le désastre, le réalisateur ne désespère pas de donner suite à son projet avorté, The Man Who Killed Don Quixote.

 

 

Gribouilli d'un certain Picasso

 

 

Au cours de l'année 2000, la tentative de tournage avait viré au fiasco en raison de quelques ennuis techniques : pluies si diluviennes ayant ruiné le paysage comme le matériel, un Jean Rochefort aux performances diminuées par une hernie discale et désormais privé d'équitation, les nuisances sonores provoquées par les F16 de la base militaire voisine...

 

Avec d'autres projets inachevés au compteur, des flops de ses blockbusters au box-office et autre décès de Heath Ledger en marge du tournage de L'Imaginarium du docteur Parnassus, Terry Gilliam aura gagné sa réputation de cinéaste le plus malchanceux du monde.

 

En 2010, le réalisateur a racheté les droits sur son scénario à la compagnie d'assurances ayant couvert le dernier échec. Dans un nouveau projet, l'acteur Jean Rochefort se trouvait remplacé par Robert Duvall, et l'écuyer Johnny Depp laissait sa place à Ewan McGregor. Cette fois ce furent des questions de financement qui eurent raison de la production tandis qu'Owen Wilson se trouvait désormais annoncé comme remplaçant de l'Écossais.

 

Cette semaine, en marge du festival de Bydgoszcz en Pologne, où il présentait son Théorème Zéro, Terry Gilliam a confié au cours d'une interview que non, le projet n'était peut-être pas perdu définitivement dans La Mancha. Sans livrer d'informations de casting, ni dévoiler le producteur assez courageux pour remettre le pied de Don Quichotte à l'étrier, laissant seulement entendre qu'il voulait en faire son prochain film afin de conjurer le sort une bonne foi pour toutes.

 

Terry Gilliam, qui est pour l'heure affairée à la mise en scène de l'opéra Benvenuto Cellini d'Hector Berlioz, à l'English National Opera de Londres, ce qui devrait laisser le temps de voir venir, a confié : « Je crois que c'est la septième fois. Un chiffre porte-bonheur peut-être. »

 

Superstitieux, peut-être, mais pas défaitiste.