Oh la vache ! : David Duchovny maintenant sur l'étable des libraires

Joséphine Leroy - 12.05.2016

Culture, Arts et Lettres - Expositions - David Duchovny auteur - David Duchovny californication - fable animalière vache


La fiction est en partie devenue réalité pour David Duchovny. Il y a un an, celui qui interprétait Hank Moody dans la série Californication — un écrivain cynique adepte des plaisirs illicites et tourné vers les excès — sortait aux États-Unis son premier roman  : Holy Cow : A Modern Day Dairy Tale. Le livre a été publié en début d’année en France aux éditions Grasset, traduit de l’anglais par Claro, sous le titre Oh la vache ! La Fnac a organisé une rencontre entre les fans et celui qui campait le rôle de Mulder dans X-Files ce jeudi 12 mai. 

 

David-Duchovny

Rencontre Fnac avec David Duchovny 

(ActuaLitté / CC BY-SA 2.0)

 

 

Hank Moody, David Duchovny : au-delà de la ressemblance sonore entre les deux noms, la question de l’influence de ce personnage sur le choix d’écrire de David Duchovny comme celle de la similarité entre le personnage et l’acteur se posent. Il n’y a pas de trouble de la personnalité chez David Duchovny. Celui-ci rassure les admirateurs : « Jouer un écrivain pour un acteur, c’est sûrement le rôle plus ennuyeux parceque, finalement, un auteur, ça ne fait que s’asseoir devant un ordinateur, et il n’y a rien de plus ennuyeux. »

 

Jeune, David Duchovny s'était plutôt imaginé écrivain : « Finalement, Hank Moody n’a que le nom d’écrivain. Moi, j’ai écrit toute ma vie. J’ai étudié la littérature à l’Université. Quand on me demandait ce que je voulais faire, je répondais “écrivain”, et pas acteur. » 

 

Dans son bagage littéraire, Beckett 

 

Jusqu’à faire un mémoire sur l’un des dramaturges les plus énigmatiques du XXe siècle, Beckett, dont il admire encore le parcours : « Il avait cette particularité d’écrire en français et de se retraduire lui-même en français. Il choisissait le français parce que c’était pour lui une langue plus pure, plus nette. Non pas pour des raisons morales, mais parce qu’elle n’avait été associée à aucun souvenir d’enfance. Je trouve que c’est un choix intéressant pour un écrivain. » « J’attends toujours Cadeau... ! Pas Godot, mais Cadeau ! [en français, NdR] », s’amuse l’écrivain qui expérimente le français par petites touches (nous n’irions pas jusqu’à dire qu’il parle le français comme une vache espagnole, mais presque). 

 

Retour au livre. Le lecteur peut se demander comment l’acteur hollywoodien a pu imaginer une histoire aussi rocambolesque que celle d’une vache américaine, Elise Bovary, qui fuit sa destinée. Prenant conscience qu’on la réduira au rang de steak haché, elle part avec ses comparses Shlomo, un cochon qui s’est converti au judaïsme, et Tom, un dindon dont l’obsession est de vivre à Istanbul. 

 

David Duchovny  raconte comment cette idée a germé dans son esprit : « J’étais dans ma voiture, au volant et je me suis dit que si j’étais une vache, j’irais probablement en Inde, parce que là-bas je ne risquerais pas de me faire manger. J’ai continué à décliner cette idée des animaux qui chercheraient l’endroit où ils pourraient sauver leur peau. Un cochon irait par exemple en Israël, un pays où il ne risquerait pas d’être mangé. Il y a aussi un autre animal, le dindon [Turkey, en anglais, NdR] qui pense que la Turquie s’appelle comme elle s’appelle en référence à son nom et qui se dit que, là-bas, il sera en sécurité. Je me suis dit que tous les animaux pourraient trouver un endroit où aller, où ils sont sacrés, vénérés et donc où ils évitent tout danger. » 

 

Le droit des animaux, forcément politique 

 

L’intrigue est donc moins légère qu’elle n’y paraît. Celui qui incarnait Hank Moody s’était astreint, il y a quelques années, à un régime végétarien. A-t-il essayé de revendiquer un combat politique à travers ce roman ? « En fait je n’écris pas un roman pour faire passer un message politique. Je pense que c’est le propre de la propagande, la mort de l’art. Je voulais faire une fable, du divertissement », précise l’auteur. 

 

« Mais ceci dit, le sujet est forcément politique d’une certaine façon, même si je ne dicte pas au lecteur ce qu’il doit faire. C’est plutôt une tentative de sensibilisation ou une tentative d’attirer leur attention, au moment de la lecture, sur notre rapport collectif aux animaux, sur la façon dont on traite les animaux, sur notre rapport à la planète en général. C’est un message humain qui va au-delà du politique et qu’il est bon de rappeler. » 

 

 

 

Pourquoi donc avoir choisi le roman et plus précisément la fable animalière ? « Quand j’ai commencé à imaginer cette histoire, ce n’était ni sous la forme d’une fable ni sous la forme d’un roman. Je l’ai imaginé comme un film d’animation et je l’ai présenté à diverses compagnies, comme Disney ou Pixar. Je n’ai jamais pensé qu’ils allaient le réaliser. Alors j’ai commencé à écrire le roman. » 

 

Un second roman où l'on retrouve un côté Hank Moody 

 

Son second roman, Bucky F*ucking Dent, a récemment été publié aux États-Unis et les critiques se sont avérées plutôt positives, ce qui laisse David Duchovny assez indifférent : « Et là, vous vous rendez compte que je disais des grossièretés bien avant de jouer Hank Moody ! C’est vrai ! [en français, NdR] Je suis ravi des critiques, mais je n’ai pas envie de me focaliser dessus parce que le jour où elles sont mauvaises, vous ne pouvez plus vous les chasser de votre esprit. »

 

« On m’a dit que les Français adoraient le base-ball. Je l’ai donc fait pour les Français », sourit l’acteur qui ne se départ pas de son humour.

 

Le public n’y était d’ailleurs pas insensible, mais il n’a pas eu la chance de lui poser la moindre question, contrairement à ce qui avait été prévu. L’emploi du temps surchargé de l’acteur hollywoodien ne lui accordait aucun répis. Occasion ratée. Les fans sont comme des vaches qui voient passer un train... La rencontre a tout de même été suivie d’une séance de dédicace classique. 

 

Il est vrai que les projets de l’acteur s’enchaînent : « Je voudrais pouvoir faire tout ce que j’aime : de la musique, du cinéma, de la littérature. J’ai des idées pour un prochain roman, de nouvelles chansons. Aquarius va être de nouveau diffusé aux États-Unis. Il y aura X-Files, Twin Peaks... On ne m’oblige pas à choisir et c’est très bien. Tant que j’ai encore le temps et l’énergie, je veux continuer à faire tout cela. » 

 

 


Pour approfondir

Editeur : Grasset Et Fasquelle
Genre : littÉrature...
Total pages :
Traducteur : claro
ISBN : 9782246857433

Oh la vache !

de David Duchovny

Vous connaissez Emma Bovary ? Voici sa cousine américaine, une adorable petite vache au destin tout aussi romanesque. Pour Elsie Bovary, le bonheur a toujours été dans le pré - jusqu'au jour où elle comprend qu'elle est vouée à finir en steak haché. Flanquée de deux complices, Shlomo le cochon converti au judaïsme et Tom le dindon qui voulait voir Istanbul, Elsie, déterminée à éviter l'abattoir, se lance dans un rocambolesque projet de Grande Évasion. Pour son premier roman, l'acteur David Duchovny détourne la fable animalière avec un toupet irrésistible. Best-seller aux États-Unis, Oh la vache !, signé par le plus célèbre chasseur d'aliens de toute l'histoire télévisée, est l'OVNI littéraire de l'année : une comédie aussi drôle et déjantée qu'un film Pixar, bourrée de clins d'oil, politiquement incorrecte et moins candide qu'il n'y paraît, entre George Orwell et Tex Avery. David Duchovny écrivain ?Meuh non !Meuh si.

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