Oncle Vania : un vieux tonton au Théâtre de la Ville

Le Souffleur - 13.03.2014

Culture, Arts et Lettres - Théatre - oncle vania - théâtre de la ville - représentation


Une fois encore, il nous raconte à peu près la même histoire : celle d'un quotidien chamboulé par l'arrivée à la campagne du professeur Sérébriakov et de sa jeune épouse Elena, laquelle éveille les sentiments amoureux du docteur Astrov. Ceux de Vania aussi. Cette prétendue comédie – Tchekhov ayant toujours voulu écrire une pièce comique -  balise les contours d'une vie à la campagne monotone, immobile, où règne le constat insurmontable de louper son destin. 

 

 

 

 

Dans cette vie rurale, ceux qui restent dans les terres paient le tribut de ceux qui sont à la ville. C'est ce sacrifice existentiel qu'incarne oncle Vania, ce vieil oncle aimé de tous qui se taira jusqu'à la fin et retournera à sa vie de labeur et de labour après le drame. Une trame douce-amère à la Russe qui connaîtra son épilogue à la fin de l'été.

 

Malheureusement, nous ne pourrons pas dire que cet Oncle Vania explore pleinement la richesse des sentiments humains que chaque mot de Tchkhov suggère. Que retiendrons-nous de cette partie de campagne proposée par Eric Lacascade ? Les impeccables décors plutôt que le spleen slave et la mélancolie transsibérienne. Le superbe banquet dressé sur scène, suspendu au cintres du théâtre.

 

Les murs du Théâtre de la Ville constellés d'étoiles, grâce à une simple boule à facettes. Un espace scénique en mouvement continu, créant des images cinématographiques. Plutôt que l'action elle-même, l'on retient ses lieux : la cuisine du professeur Sérébriakov où Sasha confesse son amour pour Astrov, la salle de classe vide où le même professeur annonce qu'il souhaite vendre la demeure  et où Eléna et Astrov se quittent à l'instant où ils comprennent qu'ils s'aiment. Les images frappent fort, pour un propos qui s'encanaille avec l'anecdotique, le potache, à la limite du non-sens.

 

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Représentations jusqu'au 22 mars au théâtre de la Ville - Sarah Bernhardt.