Orange : "un rôle à jouer" dans le modèle ouvert avec éditeurs et libraires

Xavier S. Thomann - 12.06.2013

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Prix Orange - Christine Albanel - Erik Orsenna


Hier soir, dans les salons de l'hôtel Lutetia a eu lieu la remise du Prix Orange du Livre 2013. Christine Albanel et Érik Orsenna ont remis le prix à Émilie Frèche pour son roman Deux Etrangers, paru chez Actes Sud. C'était la cinquième édition de ce prix, créé en 2009. 

 

 

 

 

Le Prix Orange du Livre a la particularité de combiner les avis des internautes et du jury pour désigner un lauréat. Ce dernier doit avoir publié son livre entre le 1er janvier et le 31 mars de l'année en cours. 

 

Cette année, on trouvait aux côtés du livre d'Émilie Frèche, ceux de Michèle Audin (Une vie brève, Gallimard), Emmanuèle Bernheim (Tout s'est bien passé, Gallimard), Marco Koskas (Ivresse du reproche, Fayard) et Mathieu Simonet (Marc Beltra, Roman autour d'une disparition, Omniscience). À noter la présence d'un sixième livre, celui de Jean-Marc Roberts (Deux vies valent mieux qu'une, Flammarion), décédé en mars dernier. 

 

La remise du prix a été précédée des discours d'Érik Orsenna et Christine Albanel. L'académicien est revenu sur la disparition de Jean-Marc Roberts, en rappelant qu'il avait une « place dans notre coeur. » Concernant le prix lui-même, il a fait savoir, non sans humour, que la désignation du livre d'Émilie Frèche a donné lieu à des « disputes féroces » dans « l'enthousiasme général. » 

 

Mais un consensus sur une sélection de cinq titres particulièrement marqués par la famille, une valeur refuge « dans l'air du temps », a-t-il indiqué. Le président du jury et immortel évoque un coup de coeur unanime pour la lauréate, loin de « la théorie littéraire ».

 

La gagnante quant à elle a rappelé que l'écriture du livre n'avait pas été de tout repos. « Un livre que j'ai bien failli ne pas écrire », a-t-elle expliqué avant d'évoquer l'importance de la littérature dans son existence, puisqu'il s'agit du « dernier espace de liberté dont on dispose. » 

 

Du reste, la soirée était plutôt réussie, avec pas mal de beau monde au rendez-vous. On pouvait ainsi croiser David Foenkinos, Florian Zeller ou encore Colombe Schneck. Rendez-vous l'année prochaine. 

 

Enfin, nous avons pu nous entretenir avec Mme Albanel sur le prix Orange et l'avenir du livre, notamment numérique. Orange aurait un rôle à jouer dans ce domaine : « Un opérateur international comme Orange qui a un sens du service et un engagement sociétal (...) a un rôle à jouer pour essayer de mettre sur pied ce fameux modèle ouvert avec les éditeurs, avec les libraires ». 

 

Il s'agirait de « bâtir un modèle où l'on pourra garder ses droits de lecture, garder sa bibliothèque personnelle dans le cloud, quel que soit son mobile et son opérateur, je pense que cela correspond à une profonde attente. » Par ailleurs, elle estime que ce projet devrait être européen : « ça donnerait du sens à l'Europe d'avoir aussi des projets culturels ».