Pablo Neruda à l'opéra, sur la voix du ténor Placido Domingo

Clément Solym - 28.09.2010

Culture, Arts et Lettres - Expositions - neruda - opera - domingo


Pablo Neruda à l'opéra, ce pourrait être le titre d'une fable tragi-comique, mais Placido Domingo a préféré lui donner une tout autre tournure.

Inspiré du film éponyme Il Postino, le ténor espagnol le plus en vue, vient en effet de donner une nouvelle fois de la voix, prêtant la sienne au poète chilien, Pablo Neruda. Un 132e rôle pour le ténor de 69 ans, qui sera à l'affiche, à Los Angeles, pour un opéra qui sera joué jusqu'au 16 octobre. Une coproduction impliquant le théâtre viennois An der Wien, explique l'AFP et le Théâtre du Chatelet.

L'histoire est assez simple et complètement inventée : il s'agit de la rencontre et des relations amicales entre le poète et un postier, le tout en Italie. Dans le film de Daniel Catan, c'est Philippe Noiret qui incarnait alors le poète. Mais plus qu'une reproduction du film, c'est avant tout un retour au livre d'Antonio Skarmeta, chilien, Une ardente patience, une pièce de théâtre publiée en 91 aux éditions de L'Olivier.
« Qu'est-ce qu'un poète pour Mario Jiménez, le petit facteur de l'île Noire, dont l'unique client n'est autre que Pablo Neruda ? Quelqu'un qui sait mieux que quiconque manier les phrases et qui l'aidera donc à faire la cour à Béatrice, la fille de l'aubergiste ? Neruda se laisse séduire par le petit facteur en quête d'un “art poétique”. Et Mario, impressionné, va découvrir la “force du verbe”. Une grande tendresse s'établit entre ces deux “hommes de lettres”. »

Le ténor précise que plusieurs séquences absentes du film ont été ajoutées dans l'opéra, réalisé par... Daniel Catan, qui signe son 6e opéra pour l'occasion.

Il Postino sera joué en juin au Théâtre du Chatelet. Jean-Luc Choplin, son directeur, confie à l'AFP : « Je suis habitué maintenant à cette musique américaine qui ose revenir à la mémoire, sans passer par toute la série de cases musicales que nous avons en Europe. Une musique qui ose plaire, ose la nostalgie, ose la beauté. On n'est plus habitué à ces valeurs ».