Pas d'exposition Albert Camus à Aix-en-Provence

Clément Solym - 14.05.2012

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Albert Camus - exposition - Aix-en-Provence


La ville d'Aix en Provence devait accueillir une exposition consacrée à Albert Camus, laquelle s'inscrivait dans l'année culturelle Marseille Provence 2013. Cet ambitieux programme de 800 millions €, au travers de multiples projets culturels. Mais enfin, dans ces conditions, le centre international de poésie de Marseille avait déjà dénoncé une situation financière douloureuse le concernant...

 

Or, voilà donc que l'exposition Camus, à l'initiative de la fille du romancier, sera annulée. Thierry Roche, directeur délégué de Marseille Provence 2013, explique à l'AFP : « Catherine Camus nous a fait part de sa volonté de revenir sur l'exposition, de manière unilatérale ». Pour Mediapart, les causes pouvaient également être cherchées dans les idées politiques de la maire de la ville, et députée, Maryse Joissains. Celle-ci avait su montrer une certaine sympathie pour les anciens qui regrettent l'Algérie française. 

 

 

 

Le journal assure en effet que, selon un ancien adjoint à la marie UMP, le projet n'avait pas forcément enchanté la municipalité, alors que l'électorat pied noir est assez important. Depuis fin 2010, alors que le projet de l'exposition avait été soumis, la mairie n'avait pas spécialement accroché à cette idée, explique François-Xavier de Peretti, qui entre-temps, a préféré rallier le MoDem. Et d'assurer que « ce n'était pas le Camus qui plaît aux nostalgiques de l'OAS (Organisation armée secrète) et à la frange dure de l'électorat pied-noir qui vote Maryse Joissains », qui devait être présenté...

 

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L'organisateur évoque de son côté des problèmes quasi logistiques et administratifs rencontrés avec la fille d'Albert Camus. Cette dernière explique : « Je leur ai écrit en avril. Je leur ai dit que j'étais dans une situation intenable. Depuis un an, je n'avais plus de nouvelles, or nous sommes à une date limite. J'ai besoin de savoir quels documents il leur faut, et ce que je pourrais proposer à d'autres. » Mais elle aurait beaucoup apprécié de voir cette exposition mise en place. « Je ne vois pas quel serait l'intérêt de la ville à ce qu'il n'y ait pas d'exposition Camus », ajoute-t-elle.

 

Avec le concours de Benjamin Stora, un historien spécialiste de l'Algérie, le projet d'exposition avait été organisé. L'ensemble de l'oeuvre du romancier devait être présenté, pour ne pas se limiter aux engagements politiques, et principalement dans le cadre de la guerre d'Algérie, qui n'aurait pas manqué d'alimenter les polémiques. Et pour l'historien, l'annulation de cette exposition tombe comme un cheveu dans la soupe.

 

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« Je travaillais dessus depuis trois ans, et ils m'ont téléphoné pour dire que c'était terminé », explique-t-il. Mais avec des hauts et des bas : durant deux années, entre 2010 et 2011, il s'était régulièrement rendu dans la ville d'Aix, puis, l'année 2012 s'est déroulée, sans qu'il n'ait de nouvelles ni d'informations. Et dans ce cadre, tous les documents avaient été remis dans les temps. « C'est dramatique pour Marseille, et pour Camus, qui n'aura pas d'exposition nationale. C'était aussi l'occasion d'adresser un signal politique fort à l'Algérie. Encore une occasion ratée ! »

 

Marsactu rapporte qu'en février dernier, le gouvernement était venu flatter les 'Nostalgériques'. De quoi alimenter les réflexions.

 

 

La situation va devenir compliquée, alors que dans son prologue, Bernard Latarjet, a placé cette année culturelle sous l'égide d'Albert Camus, et à plus d'un titre. 

Nous sommes pétris de ces œuvres et de ces personnages emblématiques de la Méditerranée. Ils ne cessent de nourrir et de renouveler notre conscience et notre imaginaire. Deux d'entre eux symboliseront notre projet. Celui d'Averroès, qui traduisit et transmit à l'Occident chrétien les écrits d'Aristote. Marseille lui consacre chaque année des « Rencontres » ; celui d'Albert Camus, homme des deux rives, déchiré par la guerre qu'elles se livrèrent, passionné de justice et d'entente. Nous célébrerons le centième anniversaire de sa naissance en 2013, l'année de la Capitale européenne de la culture en France.

 




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