Paulo Coelho rendra visite à Paris, avec 47 auteurs brésiliens

Nicolas Gary - 09.12.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Paulo Coelho - Brésil pays - France coopération


Inaugurée par l'ambassadeur du Brésil en France, José Mauricio Bustani, la conférence de presse présentant les 48 auteurs à l'honneur du Salon du livre de Paris a dévoilé une surprise de taille. Paulo Coelho avait trahi le secret : le 25 novembre dernier, il avait dévoilé une information sur la programmation. Mais celle-ci était passée inaperçue, heureusement, pour l'effet de surprise.

 

 

 

 

Expliquant en substance que l'organisation du Salon du livre de Paris était 1000 fois mieux que celle de Francfort, Paulo Coelho avait bien lâché le morceau. À moitié, certes, mais il en profitait également pour saluer Guiomar de Grammont, conseillère et coordinatrice pour le Brésil. La puce à l'oreille, vous dis-je !

 

 

 

Mais n'allons pas trop vite. Bien avant la présentation des 48 auteurs, l'ambassadeur du Brésil soulignera le désir de son pays « de consolider la présence du livre brésilien en France au cours des prochaines années ». Le pays a déjà investi, jusqu'en 2020, 35 millions $ d'investissements pour la promotion de la littérature locale. D'ailleurs, l'internationalisation de ses œuvres s'appuie nettement sur le programme de traduction des auteurs à l'étranger. Une sélection qui se devait donc d'exprimer la singularité du pays, en couvrant tous les champs de la littérature. 

 

Vincent Montagne, président du SNE, portera l'accent sur l'approche professionnelle du Salon, évoquant tour à tour les rencontres pros, la cession de droits, les aides à la traduction. De quoi donner à Paris les outils pour rivaliser avec les Foires de Londres ou de Francfort. 

 

L'un des axes thématiques que développera la manifestation s'inscrira sous le thème Droits d'auteurs et Droits de l'homme. Le souci de protection du DA en Europe, comme l'ont montré différentes études ces derniers temps – les industries créatives génèrent 536 milliards de chiffre d'affaires, affirme-t-il. Et saluant le retour du Brésil, qui avait été à l'honneur, 17 ans plus tôt, il certifie que cette venue « approfondira les relations entre les deux pays ». 

 

Le président du CNL, Vincent Monadé, notera pour sa part que le Brésil « est devenu un acteur majeur dans les relations internationales. Et sa littérature est tout aussi importante ». En décidant d'accentuer les aides fournies aux éditeurs, pour la traduction de livres brésiliens, le Centre joue son rôle. Jusqu'à 70 % des coûts de traduction pourront être pris en charge par le CNL. Il faut cependant que les candidats à l'obtention de ces aides soient détenteurs des droits et que la publication de l'ouvrage soit prévue avant le prochain Salon du Livre de Paris. 

 

Quant à Xavier Darcos, président de l'Institut français, il rappellera deux points essentiels : « Le livre est au cœur de la coopération culturelle entre nos deux pays. » Et de souligner que, dans le domaine de l'acquisition de droits, le registre des sciences humaines est particulièrement important. Enfin, la devise brésilienne, Ordre et Progrès, est empruntée à Auguste Comte, ce qui démontre combien France et Brésil marchent main dans la main.

 

Coelho, le grand attendu qu'on attendait pas

 

Mais alors, pourquoi Paulo Coelho est-il un symbole ? Eh bien, en octobre 2013, le romancier avait refusé de figurer dans la liste de la délégation d'auteurs prévus pour la Foire du livre de Francfort. Sur les 70 auteurs conviés par le ministère de l'Éducation brésilien, Coelho assurait n'en connaître qu'une vingtaine, les 50 autres étant plus « probablement des amis d'amis. Du népotisme. Ce qui me dérange particulièrement : il y a une nouvelle scène littéraire passionnante au Brésil. Beaucoup de jeunes auteurs, mais qui ne se trouvent pas sur cette liste ». 

 

Et d'ajouter : « Quand il s'agit de présentation officielle de la culture brésilienne, la politique, malheureusement, s'immisce de manière très désagréable. » Il n'avait ainsi pas hésité à boycotter l'événement, où il faisait figure d'invité d'honneur, jugeant que le gouvernement brésilien s'était montré coupable.

 

L'écrivain ne s'était pourtant pas montré tendre à l'égard du Salon parisien. Regrettant les choix opérés pour la délégation brésilienne, il préférait ne pas cautionner ces choix, et taclait au passage « D'autres salons du livre, à Genève ou Paris sont sur le déclin, car ils s'accrochent à des vieux modèles économiques. » Les choses ont pu changer...